Des grévistes arrêtés à Bruxelles

L’Avenir, 8 décembre 2014 :

Des manifestants, dont des jeunes militants du JOC et certains membres de la CNE, ont été interpellés brusquement par la police ce 8 décembre, lors d’un piquet rue Neuve, au carrefour avec le boulevard Botanique.

«J’ai senti deux mains m’attraper par-derrière et me soulever»

Patrice Debrandt est interloqué. Comme d’autres, ce permanent de la CSC service public est dès 7h ce lundi dans le piquet de la rue Neuve, au carrefour avec le boulevard Botanique.

«Tout se passait gentiment. On avait placé des barrières de façade à façade, pour empêcher les livraisons, mais pas le passage des piétons. C’était symbolique. Mais vers 7h30, 5 combis et 2 voitures de police ont débarqué. En grande tenue: matraques, casques, boucliers. Et ils ont commencé à nous embarquer».

Matraque

Une petite vingtaine de militants, dont des manifestants du JOC (Jeunes organisés et combatifs) ont été emmenés «manu militari», vers la caserne d’Etterbeek. D’après le syndicaliste, impossible de parlementer. «L’un ou l’autre a essayé de se rebeller mais ils ont été maîtrisés à coups de matraque».

«Avec l’aide d’un collègue, j’ai réussi à discuter avec le responsable policier, en civil», reprend Patrice Debrandt. «Il m’a dit que c’était une arrestation administrative pour tout le monde. Je lui ai demandé le motif. Il m’a répondu que c’était sur ordre du Bourgmestre de Bruxelles». Une situation bizarre puisque la grève est loin d’être une surprise ce lundi 8 décembre.

Le plus inquiétant: deux sans-papier font partie des personnes arrêtées. «Et on est très inquiets pour eux».

«C’est une privatisation de l’espace public»

Au total, la police a procédé à 19 arrestations administratives, précise une porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles. Les militants ont tous été relâchés vers 11H30, en ce compris les deux sans-papiers et deux affiliés CNE arrêtés, ajoute Thomas Englert, porte-parole des JOC Bruxelles.

Ce dernier défend que le barrage filtrant ne touchait que les camions de livraison. «Beaucoup de jeunes travaillent rue Neuve sous des statuts extrêmement précaires: temps partiels, intérim…» Une militante JOC relève que les actions rue Neuve sont systématiquement interdites, alors que la zone n’est pas occupée par des institutions politiques. «C’est une privatisation de l’espace public», estime Thomas Englert. «L’argent prime sur l’expression des opinions.»

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