Grève à Sanofi Quetigny : « C’est loin d’être fini »

Le Bien Public, 30 novembre 2014 :

Les salariés de Sanofi à Quetigny, qui protestent contre la vente de l’usine au groupe Delpharm, doivent recevoir lundi du renfort en provenance des autres sites de Sanofi en France.

Depuis lundi dernier, ils dorment même sur place, « pour éviter que la direction déblaie l’entrée de l’usine en notre absence », explique un salarié de Sanofi. Comme lui, une centaine de personnes se relaient donc jour et nuit, depuis près d’une semaine, sur le site du groupe pharmaceutique, à Quetigny.

Une reprise et des questions

Installés sous des tonnelles, avec pour seule source de chaleur un tas de palettes embrasé, une vingtaine de grévistes ont de nouveau passé la nuit sur le parking de l’usine. Avant que la relève n’arrive au petit matin, sous les yeux de vigiles présents pour assurer la sécurité du site et avec qui la tension est montée d’un cran ce jeudi. « Mais tout se passe très bien depuis et nous n’avons plus aucun souci avec eux », assure le même salarié, qui garde le sourire malgré une situation qui n’évolue guère depuis le début du mouvement, il y a environ un mois.

Lundi, lui et ses collègues entreront dans leur cinquième semaine de grève. Leur crainte : perdre les avantages dont ils jouissent chez Sanofi, une fois qu’ils seront passés sous le giron de Delpharm. « Des membres de la direction nationale de Sanofi sont venus vendredi. Tous les salariés présents ont effectué un débrayage de deux heures. Mais nous n’avons toujours aucune réponse à nos questions. Pourquoi Sanofi veut vendre l’usine alors qu’elle est la plus rentable d’Europe en matière d’injectables ? Va-t-on conserver nos avantages en matière d’intéressement, notre sixième semaine de congés ? Nous n’en savons rien. Certains ne comprennent pas pourquoi nous faisons grève alors que nous allons garder nos emplois. Mais si vous gagnez 2 000 € et que du jour au lendemain vous ne savez pas si votre salaire va être divisé par deux, il y a de quoi être inquiet, non ? D’autant que le site continuera de produire des produits pour Sanofi, mais sous le nom Delpharm. Ce qui est certain, c’est qu’on est prêt à tenir longtemps, jusqu’à Noël s’il le faut. C’est loin d’être fini ! »

Soutien populaire

Lundi, des membres de la direction nationale de Sanofi doivent de nouveau se rendre à Quetigny. Ils seront accueillis par le même contingent de grévistes, renforcé par d’autres salariés du groupe, qui feront eux le déplacement depuis différents sites du groupe en France. « Nous ne savons pas encore combien ils seront », explique un membre du collectif quetignois.

En attendant, ces derniers peuvent compter sur le soutien moral des conducteurs qui circulent en masse à cette période aux abords de la zone commerciale. « Il y a les klaxons, mais il y a aussi des gens qui nous donnent un billet de 5 €, juste pour nous aider. La situation est dure mais on se sent soutenus. »

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