Algérie : Répression sanglante à Touggourt

Le Parisien, 29 novembre 2014 :

C’est une simple manifestation qui a dégénéré en affrontements sanglants dans la ville de Touggourt, à 600 kilomètres au sud d’Alger. Deux manifestants sont morts et une vingtaine de personnes ont été blessées vendredi soir dans de violentes échauffourées avec la police, rapportent différents médias locaux. Les incidents se seraient produits à la suite d’une vague de protestation contre le retard pris par les autorités «dans l’attribution de lots de terrains, de construction et le raccordement à l’eau potable» dans un quartier de la commune de Nezla.

Deux jeunes manifestants, des hommes âgés de 20 et 24 ans, ont été tués dans ces heurts, a précisé le quotidien Nahar. Les affrontements ont également fait une vingtaine de blessés, des manifestants mais aussi des membres des forces de l’ordre, selon une source hospitalière citée par APS. Plusieurs blessés auraient été évacués vers des hôpitaux d’Ouargla, El Oued et Constantine.

Selon Nahar, les manifestants bloquaient une route nationale conduisant vers l’immense champ pétrolier de Hassi Messaoud, tout proche, lorsque les forces de l’ordre sont intervenues à coup de gaz lacrymogènes et de matraques pour les disperser. C’est lors d’affrontement à proximité du commissariat de police que les deux manifestants ont perdu la vie, mais on ignore encore les causes exactes de leur décès.

Selon le Huffington Post Maghreb, les manifestants s’étaient rassemblés devant le poste de police pour réclamer la libération d’une trentaine des leurs, arrêtés un peu plus tôt. Mais la situation a rapidement dégénéré, les manifestants tentant d’incendier le commissariat en projetant des cocktails molotov et des pneus enflammés sur le bâtiment. Les policiers ont riposté en utilisant des balles de caoutchouc.

Les affrontements se sont poursuivis pendant plusieurs heures avant que la situation ne se calme avec l’intervention de la gendarmerie nationale. L’atmosphère est restée électrique une bonne partie de la soirée, en particulier aux abords de l’hôpital Slimane Amirat où les familles des manifestants se sont rassemblées pour exiger de voir les corps des victimes et rendre visite aux blessés.

Toujours selon le Huffington Post, le ministre de l’intérieur et le directeur général de la sûreté nationale étaient attendus, vendredi soir, dans la région de Touggourt.

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