Grèce : le gouvernement et la police cognent sur les étudiants

Le Courrier des Balkans, 15 novembre 2014 :

Les violences policières se poursuivent en Grèce. Les forces anti-émeutes ont violemment réprimé une manifestation pacifique d’étudiants, blessant au moins 40 élèves. Le gouvernement a pris des mesures sécuritaires exceptionnelles pour l’anniversaire du soulèvement étudiant du 17 novembre 1973, contre la junte des colonels.

Depuis plus d’un mois, l’université grecque est sous haute tension. Les conseils étudiants ont violemment réagi à la volonté du recteur de l’université d’Athènes, Theodore Fortsakis, d’engager des compagnies de sécurité privées pour contrôler les entrées des bâtiments universitaires. Sa décision de fermer les portes des facultés de droit et d’économie « pour des raisons de sécurité », juste avant les manifestations commémorant le soulèvement étudiant du 17 novembre contre la junte des colonels, a jeté de l’huile sur le feu.

Et la situation est en train de dégénérer rapidement. Jeudi 13 novembre, des étudiants ont essayé de pénétrer dans l’enceinte de la faculté de droit, afin d’occuper les bâtiments pour protester contre le sous-financement chronique des universités. Les policiers ont violemment réprimé le rassemblement. Cent étudiants ont été été repoussés sans ménagement par les forces de l’ordre, qui ont utilisé des gaz lacrymogènes. Deux élèves, sérieusement blessés, ont dû être transférés à l’hôpital.

En réaction, les organisations étudiantes ont appelé à un rassemblement jeudi après-midi. Une partie du cortège, encadré par les forces anti-émeutes, a alors décidé de se diriger vers l’École Polytechnique, pour organiser une assemblée générale. Au moment où les étudiants ont tenté d’ouvrir les portes de l’université en brisant les chaînes de l’entrée, la police a chargé, blessant au moins 40 élèves et un photographe. Les journalistes présents sur place ont dénoncé la « violence sadique » des forces de l’ordre et les insultes lancées contre les manifestants. Hier soir, au milieu de scènes de panique, la police anti-émeute a utilisés des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes.

Dans une vidéo filmée depuis un balcon de la rue Stournari, où les élèves avaient réussi à forcer une porte du côté de l’université, verrouillée sur ordre du recteur, on peut voir un détachement de la police anti-émeute attaquer les étudiants.

L’opposition au Parlement a dénoncé cette répression sans précédent et s’interroge sur les mesures de sécurité extraordinaires prises avant l’anniversaire du soulèvement étudiant du 17 novembre 1973. Sept milles policiers ont été mobilisés pour l’évènement. Le gouvernement a accusé le parti Syriza de « soutenir le terrorisme ». Malgré ces violences dramatiques, le mouvement devrait cependant continuer, les organisations étudiantes ont appelé à de nouvelles manifestations dans toutes les grandes villes grecques contre la répression policière et l’autoritarisme du gouvernement.

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