Mouvement de colère en Inde après la mort de 13 femmes stérilisées

13 femmes, selon le dernier bilan, sont décédées samedi dans un centre dit de planification familiale de la ville de Bilaspur, dans l’un des Etats les plus pauvres d’Inde, au Chhattisgarh, après avoir subi des opérations de stérilisation de masse. Une vingtaine d’autres sont toujours dans un état critique. 83 femmes auraient été opérées samedi en l’espace de six heures. Une cadence intenable donc des interventions bâclées pour maintenir le rythme fixé par les autorités.

En Inde, mercredi, des habitants en colère ont défilé dans les rues de la capitale de l'Etat, Raipur, pour demander la démission du chef de l'exécutif local. (AFP/STR.)

En Inde, mercredi, des habitants en colère ont défilé dans les rues de la capitale de l’Etat, Raipur, pour demander la démission du chef de l’exécutif local. (AFP/STR.)

Avec La Parisienne, 13 nov. 2014,

Ce drame a déclenché un mouvement de colère au sein de la population. Mercredi des habitants ont défilé dans les rues de la capitale de l’Etat, Raipur, pour demander la démission du chef de l’exécutif local. De son côté, le gouvernement régional a suspendu quatre responsables du secteur de la santé et lancé une enquête. Quant aux ONG elles réitèrent leurs appels pour réformer le planning familial.

Inde : dix femmes meurent lors d’opérations de stérilisation de masse

La police indienne a arrêté mercredi soir le chirurgien qui a opéré à la chaîne samedi dernier des dizaines de femmes pour les stériliser. Il devait être présenté à un tribunal ce jeudi.

Les opérations de ce médecin, qui travaillait dans le cadre d’un programme de stérilisation financé par l’Etat pour limiter la croissance de la population dans l’Etat du Chhattisgarh, dans le centre du pays, ont tourné à la catastrophe : 13 femmes sont mortes de complications suite à l’intervention et 14 sont toujours hospitalisées dans un état critique.

Véritable travail à la chaîne, le docteur R.K. Gupta a opéré en cinq heures 83 femmes. Elles ont subi une stérilisation par voie laparoscopique, procédé censé être peu invasif. L’intervention consiste à bloquer les trompes utérines.

La police doit saisir l’équipement utilisé pendant les opérations et craint qu’il ait pu être infecté. Après avoir été opérées, les victimes ont commencé à vomir et à souffrir d’une baisse de la pression sanguine.

«Ce n’est pas ma faute»

«Ce n’est pas ma faute», se défend le médecin. «L’administration m’a mis sous pression pour que je remplisse les objectifs. Les opérations se sont bien passées mais le problème vient des médicaments qui ont été donnés aux femmes», a-t-il assuré sur la chaîne de télévision NDTV.

Neelu Bai, adolescente de 16 ans, a assuré que sa mère Meera était morte après avoir accepté cette opération intervenue seulement dix mois après l’accouchement de son quatrième enfant. «Elle a commencé à vomir après le retour à la maison. Le médecin a dit qu’elle vomissait parce qu’il faisait chaud. Il lui a demandé de prendre un autre médicament» contre les vomissements, a-t-elle dit à NDTV.

VIDEO. Inde : la stérilisation de masse fait plusieurs morts :

Cliquez sur la photo pour lire la vidéo.

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Une pratique courante dénoncée par les ONG

De telles campagnes de stérilisation sont régulièrement organisées dans le pays, notamment dans les zones rurales. Pour chaque femme volontaire, l’Etat accorde 1 400 roupies, soit à peine 20 euros. En théorie, toutes sont volontaires mais souvent mal informées, selon les ONG.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) estime que l’Inde a un lourd passé de décès dus à la stérilisation, en partie parce que les employés du secteur de la santé doivent remplir des objectifs mensuels «informels» au risque de voir leurs salaires baisser ou d’être renvoyé. Et les femmes ne sont pas forcément informées des méthodes de contraception disponibles et des complications possibles.

Ce drame a déclenché un mouvement de colère au sein de la population. Mercredi des habitants ont défilé dans les rues de la capitale de l’Etat, Raipur, pour demander la démission du chef de l’exécutif local. De son côté, le gouvernement régional a suspendu quatre responsables du secteur de la santé et lancé une enquête. Quant aux ONG elles réitèrent leurs appels pour réformer le planning familial.

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