Hommages à Rémi Fraisse : manifestations interdites à Toulouse et Rennes

Le Parisien, 8 novembre 2014 :

Deux nouvelles manifestations, prévues samedi à Toulouse et à Rennes afin de rendre hommage à Rémi Fraisse, ont été interdites vendredi soir par les préfectures de Haute-Garonne et d’Ille-et-Vilaine. Jeune militant écologiste, Rémi Fraisse est mort dans la nuit du 25 au 26 octobre sur le site du barrage de Sivens (Tarn) lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Nantes5

D’après les premiers éléments de l’enquête, il a été victime d’une explosion de grenade offensive lancée par un escadron de gendarmerie. Depuis, des dizaines de manifestations ont eu lieu dans toute la France contre les violences policières et en hommage à ce jeune homme. Samedi 1er novembre, deux d’entres elles ont notamment dégénéré à Toulouse et à Nantes faisait apparaître des scènes de guérilla urbaine.

Dans l’arrêté publié vendredi, le préfet de Haute-Garonne Pascal Mailhos interdit la manifestation déclarée par le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) pour «l’annulation définitive du projet de barrage de Sivens» et «contre les violences policières et la militarisation par l’Etat de l’espace public».

13 personnes poursuivies suite à la manifestation du 1er novembre

S’il estime que la déclaration a été faite «hors délai» et ne permet pas de prévoir un «itinéraire alternatif» au trajet prévu dans le centre-ville, le préfet se fonde surtout sur le précédent de la manifestation «non déclarée» du 1er novembre, qui a conduit à «des affrontements violents» et à «des dégradations de biens publics et privés». 13 personnes sont d’ailleurs poursuivies, dont quatre ont déjà été condamnées à des peines de prison en comparution immédiate.

Le préfet justifie l’interdiction en expliquant que «la cristallisation des oppositions liée au décès» de Rémi Fraisse rend «éminemment prévisible les risques d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre». Il relève en outre que des tracts diffusés dans une université toulousaine appellent à «prendre la rue et invitent les étudiants à venir munis de masques et de casques».

De leur côté le NPA et les co-signataires, Alternative Libertaire, Comité syndicaliste révolutionnaire, et Union antifasciste toulousaine, soulignent dans leur appel à manifester que «le choix de la violence a été fait par le gouvernement». Selon eux la mort de Rémi Fraisse «est un crime d’Etat», il faut «établir les responsabilités à tous les niveaux et l’utilisation d’armes par les forces de l’ordre doit être prohibée».

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