« Mon palace est un rapace », le cri des grévistes du Royal Monceau

Le Monde, 29 octobre 2014 :

Comme une traînée de poudre, les mouvements sociaux se répandent d’un palace parisien à l’autre. Après la victoire, fin septembre, des employés du Park Hyatt Vendôme, puis de ceux du Hyatt Paris Madeleine, c’est au tour de ceux du Royal Monceau Raffles de se mobiliser.

La situation y est bloquée depuis le 2 octobre, date à laquelle soixante-dix salariés, selon la CGT, des femmes de chambre aux plongeurs en passant par les barmen et les équipiers, se sont mis en grève illimitée. Le tribunal de grande instance a désigné un médiateur, qui a réuni mardi 28 octobre à 19 heures les représentants CGT des salariés. Mercredi, ce devait être au tour de la direction de le rencontrer.

Le Royal Monceau compte environ 400 salariés dont 300 dans la catégorie des employés et ouvriers. La CGT y est implantée depuis six mois. Elle a obtenu 37 % des voix aux élections du comité d’entreprise de mars, la CFDT et la CGC se partageant le solde.

La CGT a élaboré une plate-forme de revendications, qui portent sur les salaires et les conditions de travail, dont notamment une augmentation du salaire horaire de 2 euros pour les employés et les ouvriers. C’est la même somme qu’avaient obtenue ceux des deux Hyatt à l’issue de leur grève de septembre.

Propriété du fonds qatari Katara Hospitality, qui dépend du riche émirat du Golfe et détient aussi le Peninsula et le Buddha Hôtel à Paris, ainsi que le Carlton à Cannes, l’hôtel Royal Monceau Raffles « a les moyens de payer ces 2 euros », clame une gréviste. Implanté dans les beaux quartiers de la capitale, il loue des chambres qui peuvent coûter jusqu’à 25 000 euros par jour pour une suite. Les grévistes réclament aussi une prime de 10 euros par lit supplémentaire dans la chambre, un ralentissement des cadences, la fourniture des matériels adéquats, etc.

Selon Didier Del Rey, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale CGT du commerce de Paris, le Royal Monceau serait l’hôtel de luxe où les femmes de chambre sont les moins bien rémunérées : « 1 450 euros net, plus un treizième mois contre 2 000 à 2 200 euros net et un quinzième mois au George-V ».

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