Maroc : Appel maintenu à la grève générale pour le 29 octobre

Kiosque360, 22 octobre 2014 :

Les syndicats rejettent l’offre de médiation faite par le dirigeant PPS Nabil Benabdellah et maintiennent leur mot d’ordre de grève générale pour mercredi 29 octobre.

Aucun signe d’apaisement entre les syndicats et le Chef de gouvernement, malgré les «bons offices» offerts par le dirigeant PPS Nabil Benabdellah en vue de rapprocher les points de vue de l’actuel Exécutif et ses partenaires sociaux. «Nous n’accepterons pas de médiation et la voie du dialogue doit être ouverte officiellement par le Chef de gouvernement qui doit prendre contact avec les secrétaires généraux des syndicats», a tranché le patron de la plus vieille centrale syndicale au Maroc, l’Union marocaine des travailleurs, Miloudi Moukarik, dans une déclaration à Al Akhbar.

Même son de cloche relevé chez un membre dirigeant à la Fédération démocratique du travail, partie prenante avec l’UMT et la CDT dans la grève générale programmée pour mercredi 29 octobre. «Nous rejetons toute offre de médiation d’autant plus qu’elle a été faite à une semaine de la grève nationale préventive», confirme Larbi Habachi, membre du bureau central de la FDT. «Le gouvernement refuse d’engager un dialogue sérieux et responsable avec les syndicats», accuse ce responsable syndical, en rappelant que le chef de gouvernement avait promis, début mai 2014, de reconduire le dialogue social, sans avoir pour autant tenu parole.

Pire encore, «l’actuel Exécutif continue d’ignorer les syndicats en refusant de les associer au dialogue sur les grands dossiers nationaux», s’indigne-t-il, en dénonçant ce qu’il a appelé «une attaque en règle contre le pouvoir d’achat des citoyens» et en relevant que le projet de loi de Finances 2015 n’augurait rien de bon. «Ce projet de loi est porteur de dispositions impopulaires et risque de battre en brèche les grands acquis sociaux», martèle Habachi, en accusant le gouvernement de vouloir «détourner» le dossier de la réforme du système des retraites, véritable point de discorde entre Abdelilah Benkirane et ses «partenaires sociaux», pour le «confier» au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Benkirane, la «réforme» vaille que vaille
*«Le Parti Justice et Développement est prêt à payer le prix électoral de la réforme», a renchéri le chef de gouvernement, lors d’une réunion tenue mardi au siège de son parti à Rabat, rapporte Assabah, dans son édition de ce mercredi 22 octobre. «Le gouvernement est déterminé à poursuivre la réforme du système des retraites», a affirmé Abdelilah Benkirane, en mettant les syndicats au défi de causer «la chute du gouvernement»! Une sortie qui vient aggraver le climat de tension sociale et envenimer davantage les rapports déjà tendus de l’Exécutif avec le corps syndical qu’il accuse de vouloir «porter atteinte aux droits des fonctionnaires, notamment les plus simples d’entre eux». Remarquez que la même accusation est portée par les syndicats à l’encontre du chef de gouvernement, ce qui pose un véritable défi à l’entendement. Qui croire? Mais passons, car l’heure est grave. Réagissant aux protestations populaires enregistrées ici et là contre la hausse des factures d’eau et d’électricité, le chef de l’Exécutif a indiqué «être prêt à prendre un avion spécial pour se rendre chez les protestataires et s’enquérir in situ de ces hausses», rapporte Assabah, qui se fait l’écho de «menaces» qui auraient été proférées par Benkirane afin «d’en punir les responsables de la manière la plus sévère»!

Grève générale, l’UNMT «n’est pas concernée» !

Ce surplus de confiance relevé chez Benkirane n’est pas le fruit du hasard. Le chef de gouvernement sait que le corps syndical est divisé et il compte beaucoup sur cette division pour aller de l’avant dans sa «réforme douloureuse». Quand on sait que l’UGTM, bras syndical du Parti de l’Istiqlal, et une partie de la FDT de Hamid Fatihi, proche de l’USFP de Driss Lachgar, boycotteront la grève générale du 29 octobre, l’on comprendra mieux pourquoi Benkirane n’a pas à être inquiet. D’autant plus que l’UNMT, aile syndicale du PJD, a annoncé «ne pas être concernée par la grève du 29 octobre», indique Al Ahdate Al Maghribia, dans sa livraison de ce mercredi 22 octobre. «L’UNMT, qui remuait ciel et terre du temps où le PJD était dans l’opposition se contente aujourd’hui d’un simple appel au gouvernement pour se mettre à la table du dialogue», fait constater le quotidien, en ajoutant que le syndicat de Mohamed Yatim s’est suffi d’un simple communiqué pour faire savoir (sa) position. Celle du PJD, s’entend.

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