Delhaize : «Restructurer avec 180M de bénéf ? Écœurant…»

L’Avenir, 18 octobre 2014 :

Dans les piquets de grève devant les Delhaize, la réduction prévue des salaires ne passe pas. Surtout dans une entreprise qui engrange des bénéfices. 54 magasins sont fermés ce samedi.

Jean-Paul travaille chez Delhaize depuis 25 ans. Un vrai «Delhaizien» comme on dit.

La restructuration annoncée, il va la subir de plein fouet: même s’il fait le piquet devant le magasin fermé de Jambes, lui, bosse au magasin de Dinant, l’un des quatre qui devrait carrément fermer ses portes si on suit le plan de restructuration annoncé par l’entreprise. À moins que.

«La semaine dernière, la direction nous a soumis un chantage scandaleux: si le personnel accepte toutes les propositions de restructurations, on pourrait peut-être sauver les magasins menacés» se dépite Jean-Paul.

Et ces propositions, ce n’est pas rien: suppression de parties de primes, réaménagement du temps de travail, suppressions d’emplois (2 500).

Mais surtout: diminution du salaire de 90 euros bruts par mois.

«Un employé moyen gagne entre 1500 et 2000 euros par mois. On ne dit pas qu’on est mal payé. Mais 90 euros par mois plus les primes supprimées etc., ça représente 2 500 euros bruts en moins sur un an par travailleur. 10 à 15% du salaire, vous imaginez? Ça vous plairait, vous, qu’on vous rogne votre salaire de la sorte ?»

Pour Jean-Paul et ses quelques amis du piquet, c’est d’une violence rare.

«Vous savez, chez Delhaize, c’est une vraie famille, on est choqué par les méthodes utilisées par la direction. D’autant qu’après chaque conseil d’administration, ils nous en remettent une couche. Et vous verrez qu’ils feront pareil à la prochaine réunion».

Ce qui ne risque évidemment pas, si c’est le cas, d’apaiser le climat social. Raison pour laquelle Jean-Paul est partagé sur la prolongation du mouvement ce samedi.

«Aucun mot d’ordre n’est donné pour ce samedi. Chaque magasin fera en fonction de la décision des travailleurs. Mais à mon avis, le mouvement va se durcir dans les semaines à venir. Alors il ne faut pas brûler toutes nos cartouches tout de suite».

Ce samedi, ce sera donc aux clients à se rendre devant leur grande surface… au risque d’y trouver porte close. De quoi en mécontenter plus d’un?

«Oh vous savez les clients, ils nous soutiennent et ils nous comprennent» lâche le Delhaizien.

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