Fin du calvaire pour l’agent municipal de Villers-Cotterêts

Un employé de la ville de Villers-Cotterêts avait été accusé d’avoir volé des sacs-poubelles au centre technique. Lavé de tout soupçon, il a récupéré son bien hier.

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Tout un symbole. Hier matin, Jean-Luc* s’est rendu au palais de justice de Soissons pour récupérer des scellés. Ces lots de sacs-poubelles confisqués par la justice viennent de lui être restitués. En 2012, ce Cotterézien avait été accusé de les avoir volés. Deux ans plus tard, l’employé municipal est totalement blanchi : il n’a pas dépouillé la ville de Villers-Cotterêts de son bien. La justice l’avait relaxé en première instance en avril 2013 mais la procédure ne s’était pas arrêtée là. Le parquet et l’ancien maire Jean-Claude Pruski avaient fait appel de la décision. Le jugement a été confirmé par la cour d’appel d’Amiens le 10 mai dernier.

Alors le quadragénaire savoure de voir son honneur lavé, après des mois de pression. Récupérer ses sacs-poubelles « achetés sur une brocante », c’est une manière pour lui de tourner la pagemême si l’accusation et les rumeurs ont laissé des traces et un goût amer. Il se souvient très précisément d’avoir vu débarquer les gendarmes à son domicile « le 26 décembre 2012 à 10 heures ». Convoqué le lendemain à la brigade, l’homme avait été placé quelques minutes plus tard en garde à vue « pour vol de guirlandes. J’avais effectivement emprunté trois guirlandes de deux mètres avec des ampoules à incandescence pour mettre devant chez moi mais l’emprunt de matériel, il y en a toujours eu. On le ramenait. Les guirlandes étaient très visibles. Si je les avais volées, je n’aurais pas été stupide au point de les mettre devant chez moi alors qu’il y a un conseiller municipal qui habite en face ».

Au cours d’une perquisition à son domicile, des lots de sacs-poubelles standards sont trouvés par les enquêteurs. La ville porte plainte pour vol et l’homme doit s’en justifier devant les juges en avril 2013. Alors qu’il est toujours présumé innocent, le maire PS décide de le suspendre « du 1er janvier au 30 avril ». Avant même la comparution de son agent municipal, le premier magistrat de ville décide aussi de saisir le conseil de discipline au centre de gestion de la fonction publique territoriale « à Chauny ». Manifestement, Jean-Claude Pruski veut vite régler son cas à cet employé, par ailleurs délégué du personnel.

Pour Jean-Luc, il ne fait aucun doute que le maire degauche lui a fait payer son engagement syndical : « Dès que j’ai adhéré à la CGT, j’ai subi un harcèlement ». Le conseil de discipline avait décidé d’attendre la décision de la justice pour se prononcer à son tour. Le prévenu est relaxé mais le parquet et la ville – qui avait assuré à l’époque dans nos colonnes qu’elle s’en tiendrait là – avaient fait appel. « En mars 2014, à la cour d’appel, nous avons été accueillis par des CRS ! À l’audience, il a également été produit une lettre anonyme pour me salir et qui n’était pas dans mon dossier professionnel », signale le Cotterézien. « La justice n’a pas été dupe », poursuit-il avec soulagement. Et de conclure  : « Jean-Claude Pruski voulait ma tête. Il ne l’a pas eue ».

* Il s’agit de son vrai prénom, mais il n’a pas souhaité communiquer son nom de famille.

 

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