Emmanuel Macron : « Les salariées de Gad sont pour beaucoup illettrées »

Mépris de classe teinté de sexisme. Ne dites plus « femmes exploitées dans les usines agroalimentaires », dites « illettrées ». C’est sobre, c’est de la Macron économie. Pour soigner la France « malade » du chômage de masse, le ministre de l’Economie veut agir. Pas par « de grandes réformes » mais une série « de petits déverrouillages ». A l’appui de sa démonstration de ce matin sur Europe 1, Emmanuel Macron a pris l’exemple des employés licenciés des abattoirs Gad : « une majorité de femmes », « pour beaucoup illettrées » à qui on ne peut pas demander « d’aller travailler à 50 ou 60 km » faute de permis de conduire. Des déclarations qui rappellent celle d’un éphémère secrétaire d’Etat du gouvernement Chirac qui provoqua en octobre 1974 la « grande grève des PTT » : Pierre Lelong, ancien député de Morlaix, et nommé fin mai 1974 secrétaire d’Etat aux PTT, déclare lors d’un dîner-débat au Sénat : « Travailler dans un centre de tri est, si j’ose dire, un des métiers les plus idiots qui soient. » Un mouvement de postiers avait été lancé quelques jours plus tôt. Après ces propos, la grève s’étend à toute la France et s’étire des semaines durant, jusqu’à devenir l’une des plus importantes de l’histoire des Postes et Télécommunications. L’homme politique breton quitte le gouvernement en janvier 1975 et réintègre la Cour des Comptes. Que la honte change de camp !

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ouest-france.fr, 17/09/2014

Le ministre de l’Economie a eu une remarque plutôt maladroite ce mercredi sur Europe 1, en affirmant que les employées de l’abattoir Gad sont « pour beaucoup illettrées ».

Interrogé sur le pouvoir d’achat par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie a cité l’exemple de Gad, avec une sortie déconcertante :

« Dans les sociétés qui me sont données, sur les dossiers que j’ai, il y a la société Gad. Vous savez ? Cet abattoir. Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées.

Pour beaucoup on leur explique : « vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 kilomètres »Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi ? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an ? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien et ça ce sont des réformes qui créent de la mobilité et de l’activité ».

« Une insulte aux femmes de Gad »

Des propos qui ne passent pas, pour Annick le Guével, déléguée syndicale CFDT de Gad Josselin. « Je suis choquée, je ne sais pas d’où M. Macron tient ces propos », s’étonne la syndicaliste.

« Déjà, il n’y a pas une majorité de femmes dans l’entreprise, nous ne sommes que 40 %…», souligne-t-elle, « Et puis, en tant que responsable de la commission d’égalité professionnelle chez Gad, je peux vous dire que nous faisons attention à ce que tout le monde puisse avoir accès à la formation et à la connaissance. De toute façon, manque de formation ne veut pas dire illettrisme ! C’est une insulte aux femmes de Gad et aux femmes de l’agroalimentaire en général. »

Très remontée, elle « invite Emmanuel Macron à se rendre sur le site de Gad et à échanger avec les femmes de l’entreprise. Il verra qui elles sont ».

François Goulard a, de son coté, jugé relevé l’expression « malheureuse » dû à la« maladresse d’un ministre débutant »

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