Libreville : Les grévistes de Sainte marie s’installent au rond point d’Awendje

Gabonactu.com, 14 septembre 2014 :

Les désormais anciens squatteurs de la cathédrale Sainte Marie de Libreville déménagés manu-militari, dans la nuit de vendredi à samedi, se sont automatiquement installés au rond point d’Awendje, dans le 4ème arrondissement, où ils ont créé un nouveau squat, a constaté un reporter de Gabonactu.com

Samedi matin, ils avaient la gueule de bois. « On a pas dormis », racontaient-ils aux parents, amis, connaissances et à la presse venue spontanément au rond point d’Awendje où leurs babioles étaient encore entassées.

« Vers 3 heures du matin, les policiers nous ont encerclé. Ils ont commencé par déménagé les enseignants et nous ont donné 3 minutes pour vider les lieux », raconte une vielle femme qui a travaillé durant 30 ans comme urgentiste à l’Hôpital pédiatrique d’Owendo (HPO).

« Ils nous ont embarqué dans des grands camions et ont promis nous balancer dans la forêt à Malibé », raconte-t-elle d’une voix encore émus par la scène vécue dans cette mémorable nuit.

« Nous avons servi l’Etat, on ne méritait pas ce triste sort alors que nous revendiquons pacifiquement nos droits », rétorque une autre ancienne employée de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Les anciens agents de la CNSS squattaient la cathédrale Sainte Marie depuis 5 mois et demi. Ils réclament leurs indemnités de licenciement mal calculés, selon eux, ainsi que d’autres avantages liés à leur rupture de contrat avec la CNSS.

A leur coté, il y avait les enseignants de la promotion 2013. Ils sont 903. Ils réclament leurs salaires restés impayés toute l’année académique 2013-2014. Ils réclament aussi le paiement de leur Prime d’incitation à la profession d’enseignant (PIFE). Cette prime est en principe attribuée à tout enseignant en activité.

« Nous sommes 903 enseignants dans la rue, ça fait plus de 44 500 petits gabonais qui seront sans enseignants si une solution immédiate n’est pas trouvée à notre problème dès lundi date de la rentrée académique », a hurlé un de leur porte parole.

La cathédrale transformée en un véritable mur de lamentation avait accueilli également des étudiants venus revendiquer des bourses, la réhabilitation des étudiants exclus de l’Université Omar Bongo (UOB) et leur camarade incarcéré à la prison centrale suite à une grève.

Les élèves recalés au bac qui ont porté plainte contre l’Etat avaient aussi rejoint la cathédrale. Pour le pouvoir, le squat était devenu intolérable car situé sur le boulevard du bord de mer, la plus belle vitrine du Gabon.

Dès le réveil, le lieu du squat était bien nettoyé. Un petit groupe de policiers motorisés était posté non loin de la cathédrale pour éviter une récidive.

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