Histoire d’une promesse non tenue : pas de revalorisation des petites pensions retraites au 1er octobre

Contrairement à ce qu’avait promis le gouvernement en avril, il n’y aura pas de revalorisation des petites retraites au 1er octobre. Il va encore chercher dans les poches de ceux qui n’ont presque rien au lieu de taxer les riches. Il tente une énième rivalité entre pauvres et très pauvres, en gelant les retraites des uns pour donner un « coup de pouce » aux autres. Ce gouvernement se dit « socialiste ». Les femmes sont les précaires des précaires (moins de 900 euros/mois). Ce sont elles les premières punies – alors qu’elles sont déjà cibles de bien d’autres préjudices politiques, sociaux, économiques, culturels – en tant que femmes – par ces mesures austéritaires !

Manifestation contre le gel des pensions de retraite, le 3 juin 2014 à Paris. (PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE / AFP)

Manifestation contre le gel des pensions de retraite, le 3 juin 2014 à Paris. (PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE / AFP)

LES ECHOS | LE 12/09/2014

Les petites retraites, inférieures ou égales à 1.200 euros, ne seront pas augmentées au premier octobre, annonce le gouvernement, qui argue de la faible inflation. CFDT et CGT déplorent la nouvelle.

Le train des économies de l’Etat est-il en marche ? Le gouvernement, via le ministère de la Santé, a annoncé vendredi que les petites retraites ne seraient pas revalorisées au 1er octobre, du fait de la faible inflation. « Les règles de revalorisation, du fait de la très faible inflation prévue pour 2014 (0,5% ndlr), conduisent à une stabilité des pensions », a expliqué le ministère.

Les pensions des retraités au minimum vieillesse bénéficieront en revanche, « comme le gouvernement s’y était engagé, d’un coup de pouce en octobre prochain », précise le ministère sans toutefois communiquer le montant de cette revalorisation.

CFDT et CGT désapprouvent

La CFDT a « désapprouvé » vendredi la non-revalorisation des petites retraites, qui devait intervenir au 1er octobre, et réclamé « un geste significatif » en direction des retraités les plus modestes », la CGT déplorant une nouvelle baisse de leur pouvoir d’achat.

« L’argument technique de la faible inflation pour ne pas appliquer cet engagement est inaudible pour les personnes concernées qui vivent avec une retraite souvent proche du seuil de pauvreté« , dénoncent dans un communiqué la confédération et l’Union confédérale des retraités CFDT.

Elles estiment qu’« un geste significatif doit être fait en direction des retraités les plus modestes ». « Nous demandons que l’augmentation de l’ASPA (ex-minimum vieillesse), qui est confirmée par le gouvernement, ne soit ni dérisoire, ni symbolique et nous appelons le gouvernement à élargir le nombre des bénéficiaires au-delà de ceux percevant l’ASPA », précisent-elles.
Selon la CFDT, qui « revendique une réforme systémique », « la complexité de nos systèmes de retraite montre leurs limites lorsqu’on veut corriger les imperfections et injustices ».

De son côté, Eric Aubin, chargé du dossier retraites à la CGT, a jugé « dramatique » sur RTL le fait que la non-revalorisation soit la « cinquième mesure en quelque temps qui atteigne le pouvoir d’achat » des retraités, citant notamment la fin de la demi-part pour les impôts pour une partie des veufs et veuves et la désindexation des retraites complémentaires.
« 15 millions de retraités qui ne consomment pas, ça a forcément des conséquences sur la croissance et sur l’emploi », a-t-il dit.
Le syndicaliste a aussi déploré « une com défaillante » de la part du gouvernement. « Il y avait une annonce sur les retraités qui était claire: pour ceux qui touchent moins de 1.200 euros, +vous aurez une revalorisation au 1er octobre+ (…) Quand on fait de telles annonces, on créé de l’espoir parmi les gens concernés et, bien entendu, il y a une déception, je crois que la colère commence à monter« , a-t-il lancé, appelant les retraités « à manifester le 30 septembre pour dire stop à la baisse du pouvoir d’achat ».
Les petites pensions inférieures à 1.200 euros, que le gouvernement avait épargnées de la mesure de gel décidé au printemps dernier, ne seront pas revalorisées dans trois semaines, du fait de la « très faible inflation » finalement prévue pour 2014 (0,5%), a annoncé vendredi le ministère de la Santé à l’AFP.

Le gouvernement avait fait savoir début septembre que la hausse risquait d’être modérée, du fait de cette faible hausse des prix mais aussi du « trop-perçu » (En 2013, les pensions ont été calculées en fonction d’une inflation théorique, qui s’est révélée inférieure aux prévisions.)

Un gel de 18 mois

Dans le cadre du plan de 50 milliards d’économies d’ici à 2017, le gouvernement avait décidé le gel des retraites jusqu’en octobre 2015, qui devait générer 1,3 milliard d’économies. Mais sous la pression de députés de la majorité, le gouvernement s’était « engagé à épargner les retraités modestes de la mesure de gel, en leur appliquant les règles de revalorisation normales des pensions ». La moitié des 15 millions de retraités, sont concernés, pour un effort moyen de l’ordre de 5 euros.

Dans les faits, cela revient à un gel de 18 mois, puisque la date de revalorisation annuelle des retraites avait déjà été décalée cette année d’avril à octobre à l’occasion de la réforme des retraites. La stabilisation des retraites les plus modestes facilite en quelque sorte la tâche du gouvernement. La revalorisation partielle des pensions modestes représentait en effet un véritable casse-tête pour l’administration.

Reste à connaître les réactions -syndicales, politiques, à la décision qui vient de tomber, alors que la cote de popularité de l’exécutif est à un plus bas historique.

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