Macédoine : le gouvernement s’attaque au droit de grève

Le Courrier des Balkans, 10 septembre 2014 :

Le Syndicat des enseignants de Macédoine (SONK) voulait faire grève à la rentrée… contre un projet de loi gouvernemental qui réduirait le droit de grève, en prévoyant le remplacement des professeurs grévistes. Le syndicat y a renoncé, tant les enseignants ont peur d’être étiquetés, voire carrément licenciés.

Le ministère de l’Éducation a présenté les amendements aux lois sur l’enseignement primaire et secondaire approuvés par le gouvernement et envoyés au Parlement pour être adoptés en procédure courte. La modification de la loi sur l’enseignement secondaire insère ce nouvel article : « En cas d’interruption du travail éducatif en raison de la grève, le directeur du lycée, avec le consentement préalable du maire, et dans le cas des lycées d’État celui du ministère, est tenu d’assurer la réalisation de travail éducatif par le remplacement des employés en grève pendant la durée de la grève ». Le même article sera également ajouté pour l’enseignement primaire.

Toutefois, le ministère n’explique pas comment sera mise en pratique cette nouvelle règle en cas de grève. Il est difficile de savoir si les enseignants grévistes seront remplacés par ceux qui ne le sont pas, ou si ce seront de nouveaux enseignants engagés par l’agence pour l’emploi.

Si cette disposition entre en vigueur, le syndicat annonce qu’il va informer toutes les organisations internationales, en particulier l’Organisation internationale du Travail, l’Internationale de l’éducation, la Confédération européenne des syndicats de l’éducation, ainsi que la Commission européenne et toutes les ambassades présentes en de Macédoine.

En réponse aux accusations du syndicat, le ministre de l’éducation, Abdulakim Ademi, a déclaré lors de sa conférence de presse que « la proposition ne prévoit pas la cessation d’activité ou le renvoi des enseignants grévistes. Le principal objectif de la disposition proposée, si adoptée, est d’éviter l’interruption des cours car le processus éducatif relève de l’intérêt public. En aucun cas, nous n’avons l’intention de transgresser le droit du travail », ajoutant que le ministère était ouvert au dialogue.

Dans ce nouveau bras de fer entre le syndicat et le ministère, le résultat est quasi connu d’avance. En effet, les derniers appels à la grève ont très peu été suivis par les enseignants qui craignent d’être étiquetés ou de perdre leur travail, et le mouvement syndical a perdu de son souffle depuis l’arrivée au pouvoir du VMRO-DMPNE.

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