Vagues de grève dans les transports en Allemagne

La Tribune, 6 septembre 2014 :

Les conducteurs de train ont débrayé ce samedi matin, au lendemain d’une grève des pilotes de la Lufthansa.

La grève des conducteurs de trains allemands a officiellement pris fin ce samedi matin à 9 heures, mais le trafic demeure très perturbé sur les réseaux régionaux de plusieurs grandes villes ainsi que sur le trafic de fret. Le syndicat des conducteurs, le GDL, avait décidé d’une « grève d’avertissement » (Warnstreik) de trois heures ce samedi matin de six à neuf heures. Cette procédure est classique dans les conflits liés aux négociations salariales. Le GDL avait déjà invité avec succès ses adhérents à débrayer lundi de 18 à 21 heures. A chaque fois, ces arrêts de travail provoquent néanmoins une désorganisation plus générale du trafic et les perturbations durent pendant plusieurs heures après la reprise officielle du travail.

Conflits entre syndicats

Le GDL réclame une réduction de la semaine de travail à 37 heures pour les personnels ferroviaires et une augmentation de salaire de 5 %. Le cas du secteur du rail est très particulier en Allemagne, car c’est l’un des rares où les syndicats classiques issus de la puissante DBG (qui regroupe entre autres IG Metall dans l’industrie et Ver.di dans les services) n’est pas dominante. Le syndicat ferroviaire issu de la DGB, l’EVG est donc sous la pression de la GDL et, quoique traditionnellement plus modéré, relève aussi les enchères face au patronat. L’EVG réclame une hausse de salaire de 6 % tout en critiquant « l’extrémisme » de la GDL dans son recours régulier aux grèves. En tout cas, la GDL, qui a émergé grâce à son intransigeance dans le secteur annonce de nouvelles grèves. Il peut compter sur une forte mobilisation : entre 90 % et 95 % des conducteurs de trains ont suivi le mot d’ordre de grève ce samedi.

Grève des pilotes

A la Deutsche Bahn, principale entreprise du secteur, on critique cette surenchère syndicale, sans vraiment faire de proposition concrète sur les salaires. Ce conflit ferroviaire vient s’ajouter au conflit dans le secteur aérien. Vendredi 5 septembre, les pilotes de Lufthansa ont également cessé le travail de 17 à 23 heures, provocant l’annulation de 200 vols. Il s’agissait là aussi de la deuxième grève en sept jours. Cette fois, ce ne sont pas les salaires qui sont en cause, mais les conditions de départ des pilotes en préretraites. Jusqu’ici, les pilotes pouvaient partir en préretraite à partir de 55 ans, Lufthansa voudrait relever cet âge.

De façon générale, ces conflits montrent que la gestion syndicale traditionnelle de la DGB est sous pression. Les salariés allemands commencent à demander des conditions de rémunération et de travail plus avantageuses, alors que la DGB reste dans une position de compromis avec le patronat.

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