Remaniement du gouvernement : le droit des femmes rétrogradé

Article publié dans « Communisme-Ouvrier » n°46, bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Un ministère rien que pour nous, c’était enfin une lueur d’espoir pour bien des femmes et des féministes. Enfin, nous avions le droit à une tribune, œuvrant vers l’égalité dans un monde fait par les hommes, pour les hommes. Rien qu’à ce titre, ce ministère était important. Mais on s’est un peu mis le doigt dans l’oeil encore une fois. La disparition du ministère consacré aux Droits des femmes, montre aujourd’hui, l’indifférence dont nous sommes sujettes à tous les égards dans notre quotidien et le peu d’importance accordée aux 52% de la population. En fait, ce ministère aura été utile au gouvernement pour centraliser nos colères, mais ensuite, quelles avancées avons-nous réellement obtenu sous Valls I ?

Concernant l’IVG : suppression de la « notion de détresse » sur papier et prise en charge à 100%, ok, sans pour autant ouvrir des lieux pour avorter, on l’a vu cet été notamment. La tendance est plutôt à la fermeture des plannings familiaux ou autres endroits d’informations et d’orientations (maternités de proximité, …) par des licenciements massifs des professionnels de ces structures.

Pas de prise de positions claires sur la PMA (procréation médicalement assistée).

Nous ne percevons toujours pas de salaires égaux à hauteur de ceux des hommes, à diplômes et postes identiques. Beaucoup de femmes vivent dans la précarité et le resteront.

Les violences machistes ne sont toujours pas reconnues comme des faits de société devant occuper une place prioritaire dans les politiques gouvernementales. Elles sont toujours classées comme de simples faits divers dans les colonnes des journaux, même si on a mis en place des téléphones SOS, outils à mon sens en trompe l’oeil, puisqu’ils sont proposés en nombre restreint et dont l’efficacité pour répondre à une violence soudaine reste à prouver.

Les ABCD de l’égalité ont été mis à la poubelle (avec son ministre) en réponses aux mobilisations tenaces de l’extrême droite, ce qui dénote du peu d’importance accordée aux stéréotypes sexistes dans l’éducation de genre des tous petits, comparée aux pressions des réactionnaires… . Et le comble est que cette même extrême droite, qui s’est opposée à la lutte contre les stéréotypes sexistes dans les écoles, va aujourd’hui s’opposer à la nouvelle ministre de l’Education, qui a pourtant participé elle aussi, au retrait des ABCD de l’égalité lorsqu’elle était ministre des Droits des femmes. Au delà de lui confier le ministère de l’Education, je crains que la double nationalité de NVB attise la colère et devienne le problème majeur des droites extrêmes.

C’est donc avec impatience, à l’annonce du gouvernement Valls II, que j’ai été lire l’info pour découvrir qui était promu à la tête du Ministère des droits des femmes ? J’ai cherché, relu l’article plusieurs fois, mais c’est sans réelle surprise que j’ai dû me rendre à l’évidence : le ministère des Droits des femmes avait bel et bien disparu, pour devenir un simple Secrétariat d’Etat, rattaché à la santé… Etre une femme n’est pourtant pas une maladie et l’égalité des droits ne s’obtient pas à coups d’aspirine.
On ne compte pas se laisser endormir !

Mais c’est sans doute nous accorder déjà trop d’importance…

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