Bois-Grenier : licenciée par Aldi, Sandra est en grève de la faim « contre l’injustice »

Publié le 25/08/2014

CHRISTELLE JEUDY

Depuis ce matin, Sandra Georges a installé un fauteuil devant l’entrepôt Aldi installé zone de la Houssoye, à Bois-Grenier. Derrière elle, une banderole dit tout du combat qu’elle entame pour dénoncer son licenciement, le 12 août dernier, après treize ans d’ancienneté. Elle témoigne. La direction, dans la soirée, a indiqué avoir proposé un rendez-vous ce mardi à l’ex-salariée.

 Sandra Georges a installé son fauteuil ce matin devant l’entrepôt Aldi, sur la zone de la Houssoye à Bois-Grenier  : en grève de la faim, elle compte y rester jour et nuit.

Rayée de la liste des salariés du jour au lendemain. Un licenciement au cœur de l’été, le 12 août dernier, pour « faute grave » et donc, sans préavis ni indemnités. Sandra Georges, 36 ans, mère de deux enfants, ne s’y attendait pas. Et encore moins aux motifs avancés par la direction de l’entrepôt Aldi pour justifier sa décision : « Ils m’ont accusée d’absences injustifiées, de tricherie sur le rendement et de pause toilettes à répétition », explique la jeune femme qui réside à Laventie.

Treize ans qu’elle travaille dans cet entrepôt d’Aldi qui alimente les magasins du Nord de Lille. « J’ai d’abord été intérimaire puis j’ai été embauchée en 2008 », poursuit Sandra Georges.

Trop de pauses « pipi »

Son boulot ? Préparatrice de commandes en chambre froide, pas vraiment de tout repos. Chaque jour, Sandra prenait son poste à 6 h du matin et quand elle travaillait jusqu’à 15 h, seules quatre pauses « pipi » étaient autorisées. Ce qui n’était parfois pas suffisant.

En janvier et février dernier, la salariée a fait grève, comme neuf autres de ses collègues, pour réclamer de meilleurs salaires. « Le directeur nous avait alors dit que les grévistes devront répondre de leurs actes. Depuis, Sandra est la deuxième à être licenciée », soupire la déléguée syndicale FO, Cathy Jaspart, venue la soutenir avec ses collègues de la CFTC et de la CGT.

Les délégués, qui défendront la salariée devant les prud’hommes, ont bien tenté de raisonner Sandra. Une grève de la faim, jour et nuit dans le froid devant l’entrepôt, « c’est risqué. En plus, Sandra a des problèmes de santé ».

Mais la jeune femme a tenu bon. Pour dénoncer « l’injustice » d’une décision qui la laisse totalement démunie. Les délégués syndicaux, eux, vont demander une entrevue à la direction et évoquer son cas ce mercredi en comité d’entreprise. À moins que le rendez-vous proposé à l’ex-salariée par la direction ne débloque la situation (voir ci-dessous). « J‘irai voir ce qu’on me propose et si c’est décent, j’accepterai mais si c’est deux pommes ou deux poires, ce n’est pas la peine », a réagi ce soir Sandra Georges. Devant l’entrepôt, sous la pluie, elle s‘apprêtait à passer sa première nuit dehors.

Bois-Grenier : une salariée d’Aldi entame une grève de la faim pour dénoncer son licenciement

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s