Le personnel du Festival d’Avignon se prononce pour la grève samedi

Le Monde, 11 juillet 2014 :

Après une brève accalmie, l’espoir d’une sortie de crise dans l’épineux dossier des intermittents du spectacle reste ténu. Malgré une forte abstention, le personnel du Festival d’Avignon a voté en faveur de la grève samedi 12 juillet, à l’appel de la CGT-Spectacle et des coordinations d’intermittents et précaires. Ces derniers avaient encouragé, vendredi matin, à maintenir la pression sur le gouvernement et sur les partenaires sociaux.

Sur 622 inscrits, 286 salariés ont pris part au vote, soit 46 %, selon le collectif du Festival « In ». « Il s’agit d’un vote consultatif, qui donne l’orientation générale du festival, mais qui doit être confirmé spectacle par spectacle », a expliqué Denis, un des porte-parole du collectif.

Treize spectacles sont à l’affiche samedi, l’organisateur de l’événement devrait annoncer à la mi-journée la liste des spectacles qui ne pourront pas se tenir pour cause de grève. Le Festival d’Avignon avait déjà été marqué par un début difficile, avec un mouvement de grève le 4 juillet, pour son ouverture.

LA JUSTICE REFUSE DE SUSPENDRE LA CONVENTION CHÔMAGE

Juste avant ce vote, vendredi, le tribunal de grande instance de Paris avait rendu sa décision quant à la suspension ou non de la nouvelle convention chômage – le texte controversé à l’origine du mouvement social – après avoir été saisi par la CGT. Il s’est prononcé contre la suspension, renvoyant à une audience le 30 septembre pour un examen sur le fond.

« Il n’y a pas lieu à référé », juge le tribunal, qui récuse l’urgence invoquée par la CGT. La justice estime par ailleurs que la suspension de la convention « aurait pour conséquence de priver temporairement les demandeurs d’emploi de toute indemnisation » et « préjudicierait ainsi gravement aux intérêts collectifs ».

« On s’y attendait, a réagi Denis Gravouil, de la CGT-Spectacle. Mais ce qui est intéressant, c’est que le tribunal s’est déclaré compétent et dit qu’il y a lieu à juger sur le fond. » Il a donc assuré que la CGT ne devrait pas faire appel de la décision de vendredi.

Traduction d’un accord entre le patronat et trois organisations syndicales (CFDT, FO et CFTC), la convention est entrée en vigueur le 1er juillet, malgré une forte opposition des intermittents du spectacle et de la gauche de la gauche notamment.

La CGT, syndicat non signataire, a saisi la justice le 11 juin pour demander d’abord la suspension de son application puis l’annulation du texte, « en raison des conditions déloyales dans lesquelles les discussions [entre partenaires sociaux] se sont déroulées ». La centrale n’exclut pas de saisir également le Conseil d’Etat contre l’agrément accordé par l’Etat à la convention.

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