SNCM : la CGT fustige « le menteur et le liquidateur » Frédéric Cuvillier

Le Monde, 6 juillry 2014 :

Le ton monte entre Frédéric Cuvillier et la CGT de la SNCM. Les dernières déclarations du secrétaire d’Etat aux transports à La Provence, samedi 5 juillet, se disant favorable à « la voie du redressement judicaire » pour la compagnie maritime n’ont pas été du goût du syndicat, qui l’a traité de « menteur » et de « liquidateur ».

« Le redressement judiciaire, c’est un moyen de démanteler la SNCM, avec plus d’un millier de licenciements. Ce n’est pas acceptable pour nous », a déclaré le représentant CGT des marins, Frédéric Alpozzo, au douzième jour de grève de la compagnie.

DOUBLE « ÉPÉE DE DAMOCLÈS »

Dans les colonnes de La Provence, le secrétaire d’Etat avait justifié sa position en expliquant que la compagnie maritime étaot menacée par une double « épée de Damoclès » : celle de la trésorerie et et celle des « contentieux européens », la SNCM étant condamné par Bruxelles à rembourser deux fois 220 millions d’euros d’aides publiques jugées illicites.

Selon M. Cuvillier, le redressement judiciaire serait « le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM, faire qu’elle redviennet un fleuron ». C’est la première fois que l’Etat, actionnaire à 25 % de la SNCM aux côtés de Transdev (66 %) et des salariés (9 %), envisage publiquement cette option comme une solution aux déboires récurrents de l’entreprise (14 millions de pertes en 2012). Il rejoint en cela les positions de Transdev (détenu à parité par Veolia et la Caisse des dépôts).

Le secrétaire d’Etat, sans appeler explicitement à la fin de la grève, demande également que « chacun se montre responsable », affirmant que la situation de la compagnie « s’aggrave de jour en jour » avec la grève et qu’il faut « éviter les surenchères ».

« IL A FALLU 12 JOURS DE GRÈVE POUR ÇA ? »

Pour les syndicats, c’est la méthode du secrétaire d’Etat qui n’est pas acceptable. Les salariés réclamaient depuis plusieurs mois une « clarification » de la position du gouvernement, qui, après avoir validé début janvier un plan de relance de la compagnie passant notamment par l’acquisition de quatre nouveaux navires, avait finalement bloqué le processus de commande fin février.

« Il a fallu 12 jours de grève, précédés d’un préavis d’un mois, pour avoir ça? », a lancé M. Alpozzo, samedi. « Si nous n’avions pas porté l’exigence de clarification et de vérité, on nous aurait caché la vérité jusqu’en octobre. C’est un procédé honteux, scandaleux », a renchéri Maurice Perrin, délégué CFE-CGC et représentant des actionnaires salariés au conseil de surveillance.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s