Béziers : un prof du lycée Henri-IV menacé d’expulsion

Midi Libre :

Ce Sénégalais en master de Lettres modernes avait été recruté en novembre 2013. Amadou Woury Baldé est désormais menacé d’expulsion.

La classe de Terminale L 1 du lycée Henri-IV a appris, vers la Toussaint, que son professeur de littérature partait à la retraite. “Ouf” de soulagement pour les élèves, et les parents – le coefficient est quand même de 4 au baccalauréat -, il allait être remplacé. Amadou Woury Baldé est arrivé comme prévu. Ce professeur contractuel, titulaire d’un master de Lettres modernes de l’université de Tours a accompli sa mission toute l’année. Les élèves, dans l’ensemble, ont été satisfaits et d’ailleurs, les prochains résultats du baccalauréat devraient le confirmer : « Au début, on a eu quelques problèmes avec son accent, mais on s’est habitué et ses cours étaient carrés. » Ce qu’ignoraient les jeunes gens, c’est qu’Amadou Baldé, Sénégalais, avait des problèmes avec l’administration pour pouvoir rester en France. Pendant toute l’année scolaire, il a délivré ses cours en réussissant à faire abstraction de la menace d’expulsion qui pesait sur lui.

Déclaré en situation irrégulière

Il raconte être arrivé en France avec un visa de long séjour. Après avoir obtenu son master et être embauché comme professeur, il a demandé un changement de statut, c’est-à-dire de passer d’étudiant à salarié, auprès de la sous-préfecture de Béziers. Le premier rendez-vous qu’il a pu obtenir a été fixé six jours après l’expiration de sa carte de séjour. Du coup, il a été déclaré en situation irrégulière – bien qu’employé par l’Éducation nationale -, et les ennuis “kafkaïens” d’Amadou Baldé ont commencé avec l’administration française.

Une première expulsion annulée

Au mois d’avril, une première expulsion a été annulée grâce « à la mobilisation de mes collègues d’Henri-IV, des syndicats et de la Cimade ». La sous-préfecture lui a accordé un droit de séjour jusqu’au 6 juillet, pour terminer son contrat au lycée, mais « sans être accompagné d’une autorisation de travail pourtant obligatoire ». Et son prochain rendez-vous a été fixé au lendemain. Il sera de nouveau expulsable, alors qu’il est à nouveau inscrit dans l’université de Tours pour terminer sa thèse. Il souhaite ensuite retourner au Sénégal pour « contribuer à la formation universitaire ». Alors, de nouveau, ses collègues, les syndicats, la Cimade et aujourd’hui, ses élèves se sont mobilisés pour lui : « La France manque de professeurs. On utilise des étudiants étrangers et après on les jette. C’est cynique, inhumain et scandaleux. » Un appel est lancé pour une mobilisation lundi 7 juillet à partir de 8 h 45 devant la sous-préfecture.

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