Grèce : 4.000 prisonniers en grève de la faim contre un nouveau projet de loi carcérale

Le Courrier des Balkans, 30 juin 2014 :

Depuis le 23 juin, dans toute la Grèce, près de 4.000 prisonniers ont entamé une grève de faim pour protester contre un nouveau projet de loi carcéral censé lutter, selon le gouvernement, contre les « anarchistes ». Depuis des années, les rapports de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et du Conseil de l’Europe dénoncent les très dures conditions de vie qui prévalent dans les prisons grecques.

D’ici une vingtaine de jours, le Parlement grec devrait débattre de ce nouveau projet de loi. Et selon les prisonniers, la seule façon de se faire entendre et de faire valoir leurs revendications, c’est la grève de la faim. Car ces derniers ont de bonnes raisons de s’inquiéter.

La nouvelle loi prévoit en effet de diviser les prisons en trois catégories : A, B et C. Les établissements de catégorie C seront des centres de haute sécurité, réservés aux prisonniers condamnés pour trahison, terrorisme, homicide volontaire sans circonstances atténuantes, extorsion de fonds et vol en bande organisée. De surcroît, le projet de loi préconise de transférer les prisonniers jugés « dangereux » des prisons de catégorie A ou B vers celles de catégorie C.

Un collectif de prisonniers et des avocats engagés dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie dans les prisons grecques affirment que le nouveau type d’établissement pénitentiaire que le gouvernement veut mettre en place limite et même abolit de facto certains droits des prisonniers, comme les sorties autorisées, le travail, les cours qui donnent droit à une réduction de peine, les contact avec les proches et les échanges avec les autres prisonniers. De surcroît, les personnes condamnées à vie, pour terrorisme ou assassinats en bande organisés ne pourront pas bénéficier de mesures de libération anticipées avant une période incompressible de vingt ans, sans avoir pour autant droit à des sorties autorisées.

Il n’est même pas nécessaire de se référer aux condamnations de la Cour européenne des droits de l’homme ou aux nombreux rapports du Conseil de l’Europe pour se rendre compte de la gravité de la situation dans les prisons grecques. Depuis de nombreuses années, la Grèce connait régulièrement des émeutes dans les centres pénitentiaires, où prévalent la surpopulation et des conditions de détention et de vie inhumaines et dégradantes.

Le 24 juin, la police a interpellé prés de cinquante personnes liées au mouvement anarchiste, qui connait un grand essor en Grèce depuis l’assassinat du jeune Alexis Grigoropoulos. Ces dernières tentaient de se rapprocher de la résidence du Premier ministre pour protester contre le projet.

Avec cette loi, le gouvernement veut en effet réduire les contacts entre les prisonniers de droit commun et ceux, très nombreux, issus de la mouvance anarchiste. Depuis plus de deux ans, les politiques grecs dénoncent une « collaboration » accrue entre les anarchistes et les autres prisonniers, initialement non politisé, une situation qui rend de plus en plus difficile la gestion des prisons selon les autorités.

2 réponses à “Grèce : 4.000 prisonniers en grève de la faim contre un nouveau projet de loi carcérale

  1. A reblogué ceci sur The informantet a ajouté:
    Un collectif de prisonniers et des avocats engagés dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie dans les prisons grecques affirment que le nouveau type d’établissement pénitentiaire que le gouvernement veut mettre en place limite et même abolit de facto certains droits des prisonniers, comme les sorties autorisées, le travail, les cours qui donnent droit à une réduction de peine, les contact avec les proches et les échanges avec les autres prisonniers. De surcroît, les personnes condamnées à vie, pour terrorisme ou assassinats en bande organisés ne pourront pas bénéficier de mesures de libération anticipées avant une période incompressible de vingt ans, sans avoir pour autant droit à des sorties autorisées.
    En France et en Angleterre, c’est pareil!

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  2. Un projet inhumain, antilibéral, antidémocratique dont la conformité aux droits fondamentaux (libertés individuelle, d’opinion, d’expression, nécessité et proportionnalité notamment) devrait être scrupuleusement examinée et autant que possible contestée.

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