Dans les mines, la lutte a fini par payer

Courrier International, 27 juin 2014 :

Après six mois de grève, les miniers du platine ont signé un accord, le 23 juin, avec les trois principales entreprises d’extraction sud-africaines. C’est la fin d’un mouvement social sans précédent. Revue de presse.

Un accord a été trouvé entre l’Association des mineurs et de la construction (le syndicat Amcu) et les trois principaux exploitants des gisements de platine sud-africains, les sociétés Lonmin, Impala Platinum et Anglo-American Platinum. En grève depuis le 23 janvier, les mineurs réclamaient des augmentations de salaire. L’accord prévoit des revenus majorés de 1 000 rands (70 euros) par mois, en particulier à destination des mineurs gagnant au-dessous du salaire minimum, établi à 12 500 rands (865 euros).

Le leader du syndicat déclare dans le Financial Times que ”c’est la plus forte augmentation de salaire acquise par des travailleurs en Afrique du Sud », avant de préciser que « la grève a coûté plus de 2 milliards de dollars aux producteurs, et a réduit l’offre mondiale de platine de 40 % ».

« Cette grève prend racine dans la politique actuelle, les inégalités, l’apartheid et le massacre de Marikana [34 mineurs ont été abattus par la police en août 2012] », écrit The Guardian. Saluant « la première victoire d’une organisation noire autre que le Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir) », le quotidien déclare qu’il est souvent dit que « l’apartheid est fini, mais pas pour ces mineurs. Eux, le vivent tous les jours. »

Le webzine sud-africain Daily Maverick tempère cet enthousiasme. Le journal rapporte que le leader du syndicat minier a dit aux mineurs que le travail n’était pas fini et il les a appelés à « défendre leur syndicat et leurs acquis, car la lutte continue ». En effet, les hausses de salaire ne concernent que les travailleurs syndiqués du secteur du platine.

Quant au quotidien économique sud-africain Business Day, il rappelle d’abord que « l’accord signé avec l’Acmu s’étend sur trois ans. Les négociations recommenceront. Les producteurs risquent de restructurer, avec comme conséquence des pertes d’emplois et d’autres grèves. » Après avoir listé les détails de l’accord, le journal écrit que la fin de la grève a réjoui la présidence, le corps religieux, les associations d’affaires et les organisations du travail. Mais, au-delà, « des voix se font entendre pour changer la législation du travail afin d’empêcher des grèves si dommageables ».

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