Gard : le conseil général fauche son champ social

Midi Libre, 21 juin 2014 :

Les responsables d’associations d’insertion regrettent la dispartion des cinquante-cinq référents RSA du département.

C’est une colère rentrée depuis des mois qui s’est exprimée. De celles qui naissent selon ces responsables d’associations d’insertion de la trahison d’idéaux. Des idéaux de justice sociale mis à mal par le conseil général du Gard qui vient de décréter la disparition pure et simple des cinquante-cinq référents RSA du Département.

Suppression

Une décision annoncée le 18 juin, en présence du vice-président à l’insertion Olivier Gaillard, qui acte la fin de collaboration entre cette collectivité et les professionnels auxquels elle déléguait, depuis la création du RMI en 1988, le soin de mener les plus démunis sur le chemin de l’emploi. Une suppression qui vient effacer un des maillons de la cohésion sociale dont le Département dit continuellement le bien-fondé.

« Il faut dire la trahison de cette gauche »

Incrédules également lorsque le directeur de la communication Pierre Thoniel a proposé la signature d’un communiqué de presse commun afin d’acter la défaite politique. « C’est comme si on demandait à une victime d’aiguiser la hache du bourreau qui va lui trancher la tête », tempête Bernard Rouhaud (directeur de structures d’insertion à Alès et La Grand-Combe) dont la colère est partagée par la trentaine d’acteurs du monde l’insertion présents lors de cette conférence de presse organisée jeudi 19 juin au London Tavern.

Baisse des subventions

Une suppression qui se cumule « à une baisse de subventions qui représente de 10 à parfois 70 % du budget de fonctionnement de certaines structures. Ce qui signifie leur liquidation pure et simple, déplore Christophe Geneix de l’Addeei Sud (dix-huit permanents et une cinquantaine de salariés). Mais les premières victimes seront avant tout les bénéficiaires du RSA ».

30 000 bénéficiaires

Des exclus (30 000 bénéficiaires) qui rejoindront la longue file d’attente de Pôle emploi sans les qualifications qu’apportent les actions d’insertion qui nécessitaient une enveloppe de 300 000 € afin de poursuivre le travail engagé. Une goutte d’eau sur un budget global d’insertion « de 12 M€, constate Philippe Bourget (Association pour la communication les échanges et l’emploi). C’est intolérable alors que les actions sont en cours et que certains salariés sont déjà en licenciement économique. Des actions qui permettent de sortir mille personnes par an du dispositif RSA (499 € par mois pour une personne seule) soit environ 5 M€ d’économie par an. Avec ce refus, le divorce est consommé ».

Une colère que souhaite faire entendre le syndicat CGT de la collectivité en lançant un appel à la grève pour le 26 juin. « Il faut dire la trahison de cette gauche », conclut amer Bernard Rouhaud.

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