Une vingtaine d’intermittents perchés sur un toit à Lille

La Voix du Nord, 20 juin 2014 :

À Lille ce matin, la résistance continue

Il semble que l’annonce de Manuel Valls, ce jeudi, pour stopper la grogne des intermittents n’ait pas été entendue. Dès 7 h ce vendredi, une vingtaine d’intermittents était perchée sur le toit de l’hôtel Scrive, dans le centre-ville de Lille, lequel abrite la Direction régionale des affaires culturelles. Une centaine d’autres personnes a procédé à un sit-in dans la rue, interrompu par la police.

Le plan Valls

Lors d’une conférence de presse, le Premier ministre a annoncé, sans surprise, que le gouvernement allait agréer la nouvelle convention d’assurance chômage, par « respect du dialogue social ».

Il a ainsi opposé une fin de non-recevoir à la principale revendication des intermittents du spectacle, qui protestent contre ce texte durcissant leurs règles d’indemnisation chômage, comme celles d’autres catégories de demandeurs d’emploi.

Un geste d’apaisement

Une fois agréée par l’État, la nouvelle convention doit entrer en vigueur le 1er juillet. Issue d’un accord signé par le patronat, la CFDT, FO et la CFTC, elle vise à réduire le lourd déficit de l’UNEDIC.

Dans un geste d’« apaisement » envers les intermittents, Manuel Valls a annoncé que la mesure d’économies les concernant la plus contestée, le différé d’indemnisation, serait « neutralisée » par l’État.

« L’État s’engagera dès le 1er juillet, il prendra lui-même en charge ce différé, c’est-à-dire qu’il le financera pour que Pôle Emploi n’ait pas à l’appliquer aux intermittents concernés. En d’autres termes, (ils) ne verront pas de changement de leur situation par rapport à leur situation actuelle », a-t-il déclaré.

La mesure coûterait en théorie 90 millions d’euros en année pleine, a précisé Manuel Valls. Mais le gouvernement table plutôt sur 40 millions d’euros, le temps qu’une solution pérenne soit trouvée, a-t-on précisé à Matignon.

Le Premier ministre a en effet annoncé le lancement d’une nouvelle mission pour redéfinir le statut de l’intermittent, examiner tous les sujets en débat y compris ceux soulevés par les intermittents, et mettre en place « un cadre enfin sécurisé et stabilisé ».

« Mesurettes »

Cette mission, qui doit, selon Matignon, « construire un cadre » pour une future concertation d’ici la fin de l’année entre l’État et les partenaires sociaux, est confiée à Hortense Archambault, qui a codirigé le Festival d’Avignon, Jean-Denis Combrexelle, ancien directeur général du Travail, et Jean-Patrick Gille, député PS nommé par le gouvernement comme médiateur dans le conflit.

« C’est une avancée historique pour les intermittents », s’est réjouie la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, dont les crédits seront maintenus en 2015, 2016 et 2017.

Ces annonces n’ont cependant pas convaincu la CGT Spectacle, fer de lance du combat des intermittents côté syndical.

La fédération, qui a déjà déposé un préavis de grève jusqu’au 30 juin, a appelé à « élargir le mouvement », jugeant qu’il ne s’agissait que de « mesurettes ».

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