Les travailleurs de la Seita dans la rue

AFP, 17 juin 2014 :

Le plan social de la Seita, qui prévoit 366 suppressions nettes d’emplois sur 1.150, a été détaillé mardi lors d’un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire au siège du cigarettier à Paris, l’occasion pour près de 300 salariés de manifester leur colère.

La filiale d’Imperial Tobacco, qui fabrique les célèbres Gauloises, avait annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) le 15 avril. Il prévoit la fermeture en France de l’usine nantaise de Carquefou, la fin du centre de recherche de Bergerac (Dordogne), et des suppressions de postes à Fleury-les-Aubrais (Loiret) et au siège à Paris.

Au total, ce sont 366 suppressions nettes d’emplois sur 1.150 qui sont prévues, soit près du tiers des effectifs. Mais pour Eric Comparot, délégué central CGT, ce sont au total « plus de 500 postes qui sont impactés », en comptant les mutations et les reclassements.

« A l’issue du CCE, nous n’avons pas de visibilité sur le projet qui nous a été présenté. Nous ne comprenons toujours pas en quoi cela va péréniser l’entreprise. Les élus ont posé des questions qui sont malheureusement restées sans réponses », a affirmé le syndicaliste à l’AFP, à l’issue du CCE, le premier depuis l’annonce du plan en avril.

La direction « a expliqué qu’elle n’avait pas le choix, qu’elle était obligée. D’ailleurs, elle dit clairement que c’est la faute du gouvernement avec ses lois anti-tabac et se pose en victime », selon M. Comparot.

L’intersyndicale (CGT, Unsa et CFE-CGC) propose des mesures alternatives, comme le transfert d’une partie de la production à Riom (Puy-de-Dôme), une autre usine du fabricant. Et, si la fermeture de Nantes est inévitable, elle demande « une diminution progressive de la production (…) pour permettre de chercher des repreneurs sereinement et de reclasser les salariés au fur et à mesure ».

– Fin des négociations en octobre –

Mais la direction a opposé une « fin de non-recevoir », selon le syndicaliste. Et « maintenant que la procédure est lancée », explique-t-il, les élus du personnel vont nommer un avocat et un expert pour étudier le volet économique et financier du plan.

Une première réunion de négociation a été fixée au 30 juin. La dernière interviendra le 17 octobre.

Vêtus d’une combinaison jetable blanche et d’un masque blanc ou de tee-shirts avec l’inscription « Le licenciement tue », près de 300 salariés sont venus de différents sites de France pour manifester leur « colère » et leur « indignation ».

« Les salariés voulaient tous venir. C’est très tendu, il n’y a pas de volonté d’apaisement de la direction qui a refusé toute discussion », a déploré auprès de l’AFP M. Comparot.

Visiblement énervés, ils ont procédé à des jets de boules de peinture et d’oeufs sur les fenêtres du siège, au bruit de tambours, pétards et sifflets.

Sur les pancartes on pouvait lire: « Aujourd’hui c’est nous, demain peut-être vous », « Luttons pour la sauvegarde de nos emplois » ou « Imperial m’a tuer ».

« On est là par solidarité avec nos collègues », a dit Sébastien Torre, venu du Havre et dont le site n’est pas concerné par les suppressions de postes. « Ce plan n’est pas normal, alors que l’entreprise fait des bénéfices. De plus, le groupe réembauche en Pologne près de 150 personnes pour faire la même chose que nous. C’est une délocalisation masquée », selon lui.

De son côté, M. Comparot qui dénonce des objectifs « purement financiers » a déploré l’absence de l’Etat dans ce dossier, qui « semble totalement indifférent au problème ».

Depuis l’annonce, les salariés de Carquefou ont fait grève pendant plus de quinze jours et la direction a fait fermer l’usine après que cinq cadres y ont été retenus pendant 24 heures.

En reprenant l’ex-régie publique des tabacs en 2008, Imperial Tobacco avait déjà supprimé un millier d’emplois, la moitié des effectifs.

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