Montauban : Sept salariés de Nutribio menacés de licenciement

La Dépêche, 21 mai 2014 :

Le 27 mars dernier, 45 salariés de Nutribio, sous la bannière de la CGT se mettaient en grève et bloquaient l’accès de l’usine. Onze jours plus tard, les grévistes reprenaient le chemin de l’usine, sans avoir obtenu gain de cause. Depuis, la vie avait repris son cours à l’usine et le conflit semblait être apaisé, mais la direction décidait de remettre de l’huile sur le feu, le 12 mai, en mettant à pied à titre conservatoire, 7 salariés de Nutribio.

Hier, Aurore, Fabien, Philippe, Jérôme, Christophe, Julien et Evguenii étaient donc convoqués par la direction pour un entretien préalable à un licenciement pour faute grave. Un coup bas et une mesure jugée injuste par les salariés concernés, (quatre syndiqués et trois élus CGT) et par l’ensemble des salariés grévistes, qui condamnent la procédure employée par Nutribio et dénoncent la régression sociale.

Dès le matin, à l’appel de l’UDCGT 82, de nombreux sympathisants de tous bords sont venus les soutenir et dire halte à la répression. «Les syndicalistes ne sont pas des voyous. La direction essaie d’affaiblir ceux qui résistent et remet en cause l’ensemble des acquis sociaux» martelait la secrétaire départementale de la CGT, Lina De Santi.

Nous sommes considérés comme des hors-la-loi

Menée tambour battant par la direction, à raison de quelques minutes, chaque entrevue ressemblait à une mascarade.

«Aujourd’hui, on a été entendu dans le cadre de la procédure pour faute grave. Nous sommes considérés comme des hors-la-loi pour avoir bloqué le site. Un mois et demi après les faits, on est considéré comme dangereux. Pour ma part, je suis fier d’avoir mené ce combat. On espère que la direction va revenir sur ces sanctions injustes. Pourquoi seulement 7 alors que nous étions 45 grévistes ?» déclarait à l’issue des entretiens Fabien Lemaire délégué CGT, le premier à avoir été entendu hier matin.

Pierre Laurent et Jean-Luc Bindel en soutien

Présents sur le site de Nutribio, Jean-Luc Bindel, secrétaire général de la fédération CGT de l’agroalimentaire et Pierre Laurent secrétaire national du PCF déplorent la multiplication de ces actes de répression : «Le patronat se croit tout permis et aujourd’hui, tous ceux qui résistent sont sanctionnés. La CGT a demandé une loi d’amnistie pour tous les militants, mais le patronat a l’oreille bienveillante du gouvernement» commentait Jean-Luc Bindel.

Des propos repris par Pierre Laurent : «Ce qui arrive est scandaleux. Le patronat cherche à criminaliser le combat syndical. Le monde du travail doit appeler à la solidarité et garder la tête haute.»

Jeudi à 14 heures, les trois salariés élus seront entendus par le CE qui donnera un avis. L’attente pourrait être plus longue pour les quatre autres.

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