En francs, en euros, en roubles ou en dollars, le problème, ce n’est pas le nom de la monnaie mais le gel de nos salaires !

Article publié dans « Communisme-ouvrier n°43« , bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

Avec l’approche des élections européennes, des démagogues nationalistes revendiquent à nouveau la sortie de l’euro et le retour du franc.

Il est clair qu’avec le passage à l’euro, bien des distributeurs ont arrondi les prix au montant supérieur et imposé ainsi une hausse des prix. Mais les hausses des prix, surtout sur les produits de premières nécessités, c’est régulièrement qu’on les constate, euro ou pas euro. D’ailleurs, nos camarades de Grande-Bretagne, qui ont toujours la Livre Sterling, constatent la même dégradation de leurs conditions de vie que nous.

Tout augmente… sauf nos salaires, nos allocations-chômage et nos pensions de retraite, et nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas arriver à boucler nos fins de mois, à tomber dans la spirale du surendettement, à devoir nous priver y compris sur nos besoins de base. Mais ça, ce n’est que pour nous les travailleuses et les travailleurs. Les grands patrons et actionnaires, eux, continuent de s’enrichir, à tel point que lorsqu’on voit leurs revenus et leurs fortunes on peut se demander si elles ne sont pas calculés en anciens francs !

Pour donner un seul exemple, en 1989, le Canard Enchaîné avait dévoilé la feuille d’impôt de Jacques Calvet, alors PDG de Peugeot, il gagnait environ 3 millions de…francs soit 450.000 €. En 2010, les revenus de Philippe Varin, PDG du même groupe (PSA), étaient de 3,3 millions d’euros. Grosso modo, le salaire de Calvet et celui de Varin sont identiques, à ce détail près : le premier est de 3 millions de francs, le second de plus de 3 millions d’euros. Imaginons que nous, travailleuses et travailleurs, ayons eu la même évolution pour nos salaires : en 1989, le SMIC brut mensuel était de 5.054,74 francs…

Qu’on reste à l’euro ou qu’on revienne au franc, ce sera toujours la galère pour nous les travailleuses et les travailleurs, et des fortunes arrogantes pour les grands patrons et actionnaires. Notre problème à nous les ouvriers, les employés, les chômeurs et les retraités, ce n’est pas le nom de la monnaie mais de pouvoir arrêter de se serrer la ceinture dès le 1er du mois !

Arracher des hausses de salaires, nous ne l’obtiendrons pas en envoyant tel ou tel politicien au parlement européen, mais par des grèves, des manifestations, des luttes, dans nos entreprises, contre les patrons qui se goinfrent sur notre dos. Et s’il faut se battre chaque jour dans nos boîtes, on sait bien que pour une véritable hausse du SMIC, des salaires, allocations-chômage et pensions de retraite, c’est un coup de colère de l’ensemble du monde du travail qui est nécessaire !

L’Europe sert trop souvent à justifier l’alignement par le bas, nous voulons un alignement par le haut des meilleurs conditions pour les travailleurs, afin de supprimer la concurrence entre les travailleurs eux-mêmes. Rappelons qu’au Luxembourg, le salaire minimum est de 1874,19 € net, soit dix fois celui de la Bulgarie. Et comme de Berlin à Madrid, de Bruxelles à Athènes, on connaît toutes et tous les mêmes fins de mois difficiles, un Mai 68 ou un Juin 36 à l’échelle européenne permettrait de remettre les pendules à l’heure !

En Euro, en Francs, en Dollars ou en Roubles, on s’en fout ! Un salaire minimum européen, voilà ce qu’il nous faut tout de suite !

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