«On meurt de faim, on n’a pas de travail» : Leonarda et sa famille veulent revenir en France

Plusieurs mois après les remous de « l’affaire Leonarda », la jeune lycéenne Rom et sa famille vont-ils pouvoir revenir en France ? C’est en tous cas la demande formulée par l’avocate des parents de la jeune femme, qui a déposé lundi un recours contre leur expulsion et demandé un titre de séjour « vie privée et familiale », comme le rapporte Le Figaro.

Leonarda Dibrabi entre son père Resat et sa soeur Ljaria, le 28 janvier 2014 à Mitrovica à l'annonce de la décision du tribunal administratif de Besançon

Leonarda Dibrabi entre son père Resat et sa soeur Ljaria, le 28 janvier 2014 à Mitrovica à l’annonce de la décision du tribunal administratif de Besançon

Reconduits au Kosovo en octobre dernier, les Dibrani, qui ont obtenu l’aide juridictionnelle, ont chargé leur conseil de saisir la cour administrative d’appel de Nancy. L’avocate, Me Brigitte Bertin, pointe du doigt des dysfonctionnements dans la procédure d’expulsion. Selon elle, le préfet du Doubs avait souligné lors du renvoi de la famille kosovare que « la durée de séjour des intéressés » était « relativement faible au regard du nombre d’années passées dans leur pays d’origine», et que «rien ne faisait obstacle à ce que la vie familiale se poursuive dans le pays d’origine».

« La précarité sociale peut expliquer l’absentéisme »

Mais Me Bertin souligne que la mère de Leonarda, ainsi que les enfants Dibrani, sont nés en Italie : « L’administration aurait dû le savoir si elle avait fait des vérifications sérieuses, par exemple en consultant le fichier de données Eurodac, plaide l’avocate. Dès lors que l’élément erroné a été repris par la préfecture, elle entache la décision de cette dernière d’illégalité », explique-t-elle dans Le Figaro.

L’avocate conteste également le « défaut d’intégration de la famille » mis en avant par les autorités : « On n’a pas pris en compte une spécificité importante : ce sont des membres de la communauté rom ! Quand quelqu’un sort d’un bidonville, vous ne pouvez pas exiger de lui un comportement parfait. Vous ne pouvez pas demander à des enfants qui n’ont jamais été à l’école d’être assidus d’un jour à l’autre… Et la précarité sociale de la famille peut expliquer l’absentéisme, indépendamment de tout refus d’intégration scolaire.»

Une procédure pas sérieuse

Actuellement logés à Mitrovica, les Dibrani crient leur désespoir. Leonarda explique que sa famille « meurt de faim » et qu’elle devrait être mise à la rue prochainement. « On n’a pas de travail. Comment ma mère, qui va accoucher dans deux mois, va-t-elle nourrir le bébé? », explique l’adolescente.

De son côté, Me Yves Claisse, qui avait représenté le préfet du Doubs au tribunal administratif de Besançon, estime que le recours des Dibrani n’est « pas sérieux ». « Il n’y a aucune trace de leur passage en Italie… Et si les Dibrani se plaignent de ne pas être aidés au Kosovo, en tout cas, ils ne sont pas persécutés ! Il n’y a rien dans leur dossier qui pourrait faire pencher la balance dans l’autre sens », déclare l’avocat au quotidien. Il pense également que cette procédure n’est qu’une façon pour la famille kosovare de faire encore parler d’elle. « Il n’y a pas de raison qu’ils n’épuisent pas tous les recours (ils peuvent encore saisir le Conseil d’Etat puis la Cour européenne des droits de l’homme). Le contentieux, c’est le seul moyen de faire vivre, artificiellement, leur demande d’asile…»

http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/01/1873322-meurt-faim-travail-leonarda-famille-veulent-revenir-france.html

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