Grève à Maz’Air contre le plan de licenciements

La Dépêche, 26 avril 2014 :

Les lignes de production sont presque vides. Ce vendredi matin, il n’y a quasiment personne dans le grand hangar de Maz’Air, le site de production de l’entreprise Gardner Aerospace, à Mazères. Beaucoup d’employés, une centaine sur les deux cent dix que compte cette entreprise de production aéronautique, sont en grève. «70 % des salariés présents», précise Patrick Durrieu, élu au comité d’entreprise. Ils protestent contre un plan de licenciement qui prévoit de supprimer huit postes à Mazères. Plan qui a été dévoilé au CE «il y a une dizaine de jours», retrace-t-il.

«Ces licenciements ne paraissent pas légitimes», lâche Patrick Durrieu dans un coin du site de Mazères, alors qu’il sort d’une heure de discussions avec la direction de l’entreprise. «Virer huit smicards, économiquement, ce n’est pas sérieux». Les licenciements sont «injustifiés au niveau économique», appuie-t-il.

Il convient que l’entreprise connaît des difficultés, mais pointe une «mauvaise gestion». À côté de lui, David Papy, délégué syndical Force Ouvrière, rappelle l’histoire. Maz’Air produit une partie des mâts à réacteur de l’Airbus A350. «Il a fallu faire de lourds investissements. Des analyses, des développements techniques, de l’outillage. On n’a pas encore amorti ces investissements. Mais quand ils le seront, alors on gagnera beaucoup d’argent».

Une centaine d’employés se pressent dans le grand hangar. Les représentants de l’intersyndicale, en échangeant avec la direction du site, ont donné leur ligne : «Pas de licenciement». Sous peine de reconduire la grève.

En fin de matinée, David Papy et Hélène Gonzalez, déléguée syndicale CFDT, réapparaissent. La direction du site a communiqué avec celle du groupe, en Angleterre. Verdict : «Une suspension du plan de licenciements, et à la place, une négociation sur la base du volontariat», lance David Papy face aux salariés. «Satisfaisant, mais on reste vigilants, dit Hélène Gonzalez. Le plan a été suspendu, pas écarté».

Dans le hangar de Mazères, certains employés applaudissent. D’autres sont moins convaincus, ils pointent l’absence d’accord écrit. En attendant, lundi, les lignes de production devraient repartir. Même si Hélène Gonzalez prévient que si le plan de licenciements revenait sur le tapis, les employés se remobiliseraient.

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