Grèves en cascade dans le monde du champagne

L’Union de l’Ardennais, 10 avril 2014 :

Courant d’air dans les caves. Grève chez Veuve-Clicquot, Moët, Krug, Mercier, Ruinart c’est-à-dire dans les cinq maisons du groupe LVMH et grève chez Pommery… le monde du champagne a le printemps frondeur. « Les négociations annuelles obligatoires sont en cours, d’où ces mouvements », explique Patrick Leroy, délégué syndical CGT chez Veuve-Clicquot et secrétaire général de la CGT champagne.

Depuis lundi, la production des maisons LVMH est perturbée par des débrayages. « On a commencé par trois heures lundi et depuis mardi, on arrête une heure par jour sous forme de trois arrêts de 20 minutes. » Suivi par 95 % du personnel, le mouvement provoque, selon les grévistes, une baisse de la production de 40 %. Cause principale du mouvement : une baisse de la participation aux bénéfices. « Les salariés ont 1 200 euros en moins alors que les résultats de l’entreprise n’ont pas baissé ». Cette baisse s’explique notamment par une hausse du budget marketing qui ampute les bénéfices et donc la participation : « Le budget du marketing a augmenté de 10 millions d’euros. On n’a rien contre le développement du marketing mais pas sur le dos des salariés », souligne M. Leroy.

+ 1,7 % de hausse de salaire demandée chez Pommery

Les syndicats veulent obtenir une compensation pour cette baisse. « Et nous demandons à la direction de changer la méthode de calcul pour éviter ces variations. » Avec un salaire moyen de 2 500 euros net sur 14 mois, une participation annuelle d’environ 3 500 euros et un intéressement entre 4 500 et 5 500 euros par an, difficile pour les salariés de chez Veuve-Clicquot de faire pleurer sur leur sort. Cela ne rend pas illégitime de vouloir obliger le patron à partager les richesses de l’entreprise : « Chez nous, le poids des salaires dans l’entreprise est d’environ 9 %. Dans le textile, par exemple, il représente 40 %. » Autrement dit, les employés du champagne auraient tort de ne pas se battre pour être mieux payés. La direction ne cédera pas pour autant : « La participation est calculée sur le résultat net financier. Son montant est en légère diminution à cause d’une petite baisse de nos volumes et aussi à cause de la hausse de nos investissements à la fois industriels et de développement de la marque à travers le marketing. Il n’est pas prévu de changer son mode de calcul, prévient Jean-Marc Lacave, président de la maison Veuve-Clicquot. J’ajoute que l’intéressement ne diminuera pas et que nous avons prévu une hausse des salaires supérieure à l’accord de branche. »

Les salariés de chez Pommery, où un rassemblement est prévu devant le siège à Reims à 16 heures, sont un peu moins gâtés. Leur intéressement a du mal à atteindre les 300 euros : « Ce sera plutôt entre 150 et 200 euros. Nous réclamons un complément de 1 200 euros. Et nous voulons également une augmentation des salaires de 0,5 % en plus du 1 % obtenu dans l’accord de branche », énonce Pascal Boucher, délégué CGT de la maison. La direction n’est pas non plus décidée à céder : « L’inflation est de 0,7 %. Donc, une augmentation de 1 % nous semble correcte. Quant à l’intéressement, nous sommes surpris de ce mouvement alors que nous n’étions pas au bout des échanges et que les résultats financiers ne sont pas encore connus », regrette Hervé Ladouce, directeur général du groupe.

La fronde aura-t-elle un effet boule de neige ? Selon nos informations, le prochain courant d’air pourrait souffler dans certaines caves d’Aÿ.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s