STEF veut couper des têtes syndicales

L’Humanité, 7 avril 2014 :

La direction de STEF, spécialiste européen de la logistique du froid, a envoyé une dizaine de lettres de licenciements aux salariés grévistes de son site de Saint-Ouen-l’Aumône dans le Val d’Oise. La CGT se mobilise.

Ambiance glaciale chez le transporteur de produits surgelés STEF. En grève depuis le 31 janvier, les salariés du site de Saint-Ouen-l’Aumône (Val d’Oise) – spécialisé dans la logistique des produits surgelés pour le compte des magasins Picard – ont payé le prix fort pour avoir réclamé à leur direction des négociations portant aussi bien sur les conditions de travail que les salaires : plusieurs licenciements punitifs ont été envoyés le 3 mars à une partie des salariés en grève qui enregistrent de 2 ans à 22 ans d’ancienneté. « Non seulement on a eu aucune réponse favorable à nos attentes mais on a reçu un coup de bâton antisyndical très répressif ! » fulmine Sibi Berthe, délégué syndical CGT de l’entreprise.

Des températures de travail près des – 30 degrés

Des attentes qui étaient censées mieux tenir compte de la précarité des personnels du site (68 CDI pour 99 intérimaires) et de leur cadre de travail spécifique et contraignant. Ces « salariés sont exposés à des conditions de travail particulièrement pénibles puisque la température de travail se situe à -28 degrés (…) le corps humain est mise à rude épreuve et la sélection physique est impitoyable » faisait remarquer en février dernier la CGT. Après une série de blocages d’entrepôts – qui n’ont pas empêché la direction de détourner la marchandise vers des sites voisins – le site de Saint-Ouen-l’Aumône a retrouvé son activité normale depuis début avril.

Tentatives vaines de la direction pour ne pas ébruiter le conflit

Le sort des salariés licenciés est désormais entre les mains de la justice et de l’Inspection du travail. « 11 licenciements pour faute lourde de salariés non protégés ont été décidés, auxquels il faut ajouter quatre procédures en cours contre les élus CGT dont je fais parti » précise Sibi Berthe. Outre le silence dans lequel elle s’enferre depuis le début du conflit, la direction ne veut plus entendre parler des récalcitrants et manœuvre pour ne pas ébruiter l’affaire. « Avec les salariés concernés par un licenciement, on est parti sur la réintégration mais la direction a proposé une transaction financière que l’ensemble des salariés ont refusée » atteste le syndicaliste.

Confiants dans le fait que le droit de grève ne saurait être remis en cause, les onze salariés licenciés sont cependant suspendus à la décision du tribunal de Prud’hommes de Cergy-Pontoise (prévue à la mi-mai) qu’ils ont saisi en référé afin de réintégrer leurs postes. L’inspection du travail est pour sa part chargée de statuer sur le sort des quatre élus syndicaux.

Thierry Lepaon en soutien

Pour médiatiser ce conflit et soutenir les salariés convoqués tôt ce matin en audience, l’Union départementale CGT du Val d’Oise a organisé un rassemblement devant le Conseil de prud’hommes de Cergy-Pontoise. Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, a fait le déplacement, entouré par plusieurs dizaines de salariés d’entreprises viosinnes venus témoigner leur soutien et dénoncer l’attitude de la direction qui « mise sur la fatigue des salariés grévistes, exigeant par ailleurs la tête des leaders syndicaux et le retrait de leurs mandats avant toute négociation ». Une conception du dialogue social « au marteau ».

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