Grève reconduite à la Floridienne Chimie

L’Avenir, 27 mars 2014 :

ATH – Dès 5h du matin, hier, ouvriers et employés de la Floridienne Chimie ont débrayé. Ils réclament un dialogue avec les actionnaires.

Toujours fidèle au poste: tel était le leitmotiv des 130 membres du personnel de la Floridienne Chimie à Ath, jusque mercredi matin. Ouvriers et employés n’ont pas débrayé à l’annonce de l’enclenchement de la procédure Renault, en mai 2013; pas plus le mois dernier, lorsque l’entreprise introduit une Procédure de Réorganisation Judiciaire (équivalente à une préfaillite).

Pourtant, hier, ils étaient dans la rue, accompagnés de leurs représentants syndicaux. Seules quelques personnes n’ont pas pris part au mouvement de grève afin de veiller au maintien de la sécurité de ce site SEVESO.

La goutte qui a fait déborder le vase de leur patience est un sentiment d’abandon, voire de mépris, de la part de la direction. Non pas celle de Floridienne Chimie, mais bien celle de Floridienne S.A., actionnaire majoritaire de l’entreprise athoise (à 59,76%, le solde étant détenu par la Région wallonne via le SRIW et la SOGEPA).

Quid du volet social?

«Parallèlement à son activité chimique, Floridienne S.A. est active dans d’autres secteurs, dont l’agroalimentaire, explique Xavier Tanghe, représentant permanent de la FGTB. Même s’il s’agit d’entités distinctes, il existe tout de même une corrélation. La semaine dernière, en conseil d’entreprise, les organisations syndicales ont demandé une rencontre avec un membre de Floridienne SA, ce qui a été refusé. Si les travailleurs ne sont pas respectés par l’entreprise, pourquoi continueraient-ils à travailler dignement?»

Cette demande d’entrevue des syndicats poursuivait un objectif précis: ouvrir un dialogue sur le volet social post-rachat.

«Nous pouvons raisonnablement penser qu’un ou plusieurs repreneurs sont intéressés par certaines parties de l’entreprise, commente Michèle Van Acker, permanente CNE. Si rachat il y a, les travailleurs des unités reprises conserveraient leur travail, mais pas les autres. Floridienne Chimie sera déclarée en faillite: les contrats de ces personnes, qui ont travaillé des années pour cette entreprise, seront rompus. L’entreprise dira qu’elle n’a pas les moyens de payer les préavis, qui seront puisés dans le fond de fermeture des entreprises, financé par l’état. Ces indemnités sont bien moins intéressantes que celles de rupture auxquelles les travailleurs ont normalement droit.»

«Nous demandons au groupe Floridienne S.A. de faire un geste pour toutes ces personnes qui ont donné 10, 15, 20 ans ou plus de leur existence à l’entreprise, et qui vont se retrouver sur le carreau », embraie Paul Delaive, permanent CSC.

Ce «geste» est d’autant plus attendu par les membres du personnel que leur entreprise a longtemps rapporté de plantureux bénéfices à ses actionnaires, avant les années noires (fin des stabilisants au plomb).

Couper le cordon pour mieux le renouer?

«Nous avons été leur vache à lait durant des années et maintenant que ça tourne au vinaigre, le groupe Floridienne coupe le cordon avec Floridienne Chimie, comme si nous n’avions aucun lien avec eux», s’insurge un ouvrier.

Pour expliquer son refus de rencontrer les travailleurs, Floridienne S.A. se retranche derrière la Procédure de Réorganisation Judiciaire (PRJ) en cours, dans laquelle elle ne peut interférer: les mandataires de justice doivent être les premiers interlocuteurs

Un élément en particulier a le don d’irriter travailleurs et syndicats: un possible « conflit d’intérêts» évoqué par la direction. En effet, Floridienne S.A. est en train d’étudier l’opportunité de formuler une offre de reprise d’une partie de l’entreprise Floridienne Chimie.

Si un tel cas de figure venait à se produire, certains travailleurs subodorent une manœuvre du groupe pour se séparer du personnel «superflu» sans avoir à payer les indemnités de licenciements et prépensions.

Hier, vers 17h, Floridienne S.A. (dont nous avons tenté en vain de joindre le directeur), a décliné une fois de plus la demande de rencontre des organisations syndicales.

Elles ont dès lors annoncé la poursuite de leur action de grogne aujourd’hui. Une assemblée du personnel est programmée à 8h30.

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