Les salariés de La Redoute manifestent à Roubaix

AFP, 4 mars 2014 :

Entre 400 et 800 personnes se sont rassemblées ce mardi pour dénoncer les 1 200 suppressions de postes prévues au sein du groupe. Une nouvelle action est prévue vendredi.

Plusieurs centaines de salariés de La Redoute ont manifesté mardi à Roubaix (Nord) contre le plan social prévoyant la suppression de près de 1 200 emplois et pour demander des garanties sociales à leur actionnaire Kering, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le cortège est parti vers 10h45 du siège de La Redoute, derrière une banderole de tête proclamant «non aux licenciements de La Redoute», au bruit de sifflets et de pétards, à l’appel d’une intersyndicale CFDT/CFE-CGC/CGT/SUD. Entre 400 et 800 manifestants, selon la police et l’intersyndicale, ont bloqué ponctuellement la circulation, notamment une quinzaine de minutes sur la voie rapide urbaine.

Ils sont venus des sites de Roubaix, Wattrelos et Tourcoing pour «faire pression sur la famille Pinault, qui dirige le groupe Kering qui veut stopper les négociations le 10 mars», a expliqué à l’AFP Jean-Christophe Leroy, délégué CGT. «La direction nous a menti dès le début, en nous disant qu’ils étaient d’accord pour négocier pour les 2 400 salariés, ceux qui vont partir avec le plan de départs volontaires et ceux qui vont rester», a-t-il regretté.

«La direction a décrété vendredi la fin des négociations, sans avoir abordé tous les volets sociaux. Il est hors de question que ça se finisse le 10 mars», a renchéri Nora Miloudi, secrétaire (CFDT) au comité d’entreprise, qui a évoqué «une manif de la dernière pression».

L’intersyndicale a voté en assemblée générale 40 000 euros de plancher pour les indemnités de départs volontaires, plus 1 500 euros par année de présence et 36 mois de congés de reclassement, a-t-elle indiqué.

«Ce qui nous attend, c’est la misère»

Les syndicats souhaitent que cette même somme soit «bloquée pour les salariés qui resteraient dans l’entreprise», sur lesquels pèsent de «grosses craintes» quant à leur «avenir», selon Jean-Christophe Leroy.

Après «six réunions qui ont duré en longueur, les mesures sont très insuffisantes sur les préretraites, payées à 80% alors qu’on demande 100%», a-t-il poursuivi. «Aujourd’hui, on est loin du compte, et à ce stade-là, il n’y aura aucune signature d’aucun syndicat», prévient Nora Miloudi. «Si on n’a pas gain de cause, on retournera à Paris, sous les fenêtres de François-Henri Pinault [PDG de Kering, ndlr], […] qui s’est enrichi depuis vingt ans sur le dos des salariés et n’a jamais mis les pieds à La Redoute», a-t-elle lancé.

«C’est inadmissible qu’un patron multimilliardaire puisse licencier. […] C’est un scandale. A l’âge qu’on a, le jour où il va nous licencier, on ne retrouvera plus rien. Ce qui nous attend, c’est la misère», a déploré Sabine Ryelandt, 48 ans, dont 27 ans passés à La Redoute. A son cou, une caricature présentant le PDG de Kering en diable avec l’inscription «Pinault fossoyeur de La Redoute».

Les futurs repreneurs du vépéciste avaient annoncé le 9 janvier la suppression de 1 178 postes sur les 3 437 de La Redoute sur quatre ans. Les salariés ont multiplié ces derniers mois les actions, alternant débrayages, rassemblements devant le site industriel de la Martinoire et manifestations, à Roubaix et Lille notamment. Mardi midi, à la fin de la mnifestation, ils ont voté en assemblée générale une nouvelle action pour vendredi : «Toute une journée sur la Martinoire.»

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