Les ouvriers de la biscuiterie Jeannette bloquent leurs machines

Depuis quatre jours, plus de 30 anciens salariés, licenciés en janvier, occupent leur usine à Caen. Ils entendent ainsi bloquer la vente aux enchères des machines.

Un travailleur pose lundi à Caen devant l'usine Jeannette, dans le cadre de l'occupation des lieux par les anciens salariés qui s'opposent à la vente des machines. (Photo Charly Triballeau. AFP)

Un travailleur pose lundi à Caen devant l’usine Jeannette, dans le cadre de l’occupation des lieux par les anciens salariés qui s’opposent à la vente des machines. (Photo Charly Triballeau. AFP)

Les salariés des madeleines Jeannette tous licenciés en janvier, occupent jour et nuit depuis quatre jours leur usine à Caen, empêchant la vente aux enchères de leurs machines, a-t-on appris lundi de source policière. «Prime de misère, blocage de l’usine», «non au pillage de l’outil industriel», ont écrit les salariés sur les murs extérieur de ce site de 5 000 m2, où ils ont symboliquement érigé une bouteille de gaz.

«On va pas se laisser faire comme ça et laisser nos machines aux rapaces», a dit Françoise Bacon, 36 ans de maison, ex-déléguée CGT de cette entreprise de 36 salariés fondée en 1850 et liquidée en décembre.

La vente aux enchères des lignes de production, dont des machines de 32 m de long, prévue vendredi dernier a dû être annulée selon la police. Il s’agit de quelque 300 lots selon la CGT, dont une chaîne de fabrication de biscuits secs de 2012 à 375 000 euros hors taxe, selon leur site de vente aux enchères. Les salariés avaient refusé jeudi de laisser entrer la dizaine d’acheteurs potentiels dont certains venus, selon la CGT, de Bulgarie.

L’ESPOIR D’UN REPRENEUR

Lundi, les salariés ont voté la poursuite du mouvement. Ils comptent en outre d’ici à la fin de la semaine relancer durant une heure les machines, le temps de produire une tonne de madeleines qu’ils vendraient devant l’usine ou au marché.

Les salariés espèrent encore que le commissaire au redressement productif puisse trouver un repreneur. «Nous ne laisserons pas mourir la dernière usine de Caen qui a continué à produire sous les bombardements en 1944», a ajouté Franck Mérouze secrétaire de l’Union locale CGT de Caen.

«Ces madeleines ont en a vendues jusqu’au Japon et en Chine» dans les années 2000, se désole Christian Leroy, 29 ans de maison, «et depuis on a diversifié notre production dans les biscuits secs».

L’usine qui employait près de 400 personnes dans les années 1970 a été reprise en 2012 avec avis favorable des salariés par le groupe LGC, une société d’investissement d’un capital social de 11 millions d’euros et basée à Falaise, à 35 km au sud de Caen. «LGC avait prévu le déménagement de l’usine à Falaise en vue de sa modernisation. Nous y étions prêts. Mais les banques n’ont pas voulu prêter les sommes nécessaires», a dit Françoise Bacon.

AFP 24/02.

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