Burkina Faso : Grève des travailleurs de la fonction publique

Faso Zine, 4 février 2014 :

La coordination des syndicats de la fonction publique observe depuis ce mardi 4 février 2014 une grève de 48 heures sur toute l’étendue du territoire national. Les fonctionnaires burkinabè entendent ainsi protester contre l’attitude du gouvernement face à leurs «légitimes revendications» parmi lesquelles la relecture de la grille indemnitaire.

La bourse du travail de Ouagadougou a été prise d’assaut par des travailleurs de la capitale et ces environs, qui ont déserté les bureaux et les classes, pour assister à l’assemblée générale organisée par la par la coordination des syndicats de la fonction publique. Abdoul Aziz Belem est professeur de mathématique dans un collège de Ourgou Manega, département situé à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou: «Vous-même vous savez que ça ne va pas. Nous sommes fatigués des discours et nous voulons maintenant agir. Et ce n’est pas en restant chez nous que nous changerons les choses… C’est pourquoi je suis là ce matin», a expliqué l’enseignant.

Face aux travailleurs que la bourse du travail n’arrivait pas à contenir, Mamadou Barro, porte parole de la coordination a fait le point de l’évolution des négociations avec le gouvernement, entamé depuis le 20 mai 2013. Plus de 7 mois après l’ouverture du dialogue a-t-il indiqué, les choses piétinent. Or, a-t-il ajouté, «le gouvernement avait promis comme échéance la fin du mois de juin 2013».

Les syndicats qui ont quitté la table des négociations posent désormais comme préalable à la reprise du dialogue avec le gouvernement trois points à satisfaire. Ce sont, à en croire Mamadou Barro, l’amendement des typologies et des référentiels de la grille indemnitaire proposée par le gouvernement, la préservation des acquis historiques engrangés de par le passé et qui ne sont pas appliqués tels que les indemnités de garde pour les infirmiers, les indemnités vestimentaires pour les journalistes, les indemnités de logement pour les enseignants… Et enfin, a dit M. Barro, il faut que le gouvernement leur propose un schéma clair pour liquider les disparités indemnitaires entre les différents corps de la fonction publique. «Par exemple l’indemnité de responsabilité le plus petit est de 6500 francs CFA alors que les présidents d’institutions sont à 485 000 francs CFA», a révélé Mamadou Barro qui estime que l’écart est trop grand. Toutefois, a-t-il signalé, des acquis réels ont été obtenus.

Malgré tout, certains travailleurs n’ont pas manqué, à cette assemblée générale, de crier leur ras-le-bol face à leurs conditions qu’ils qualifient de précaires. «Trop c’est trop. On est fatigué. Nous avons lutté jusqu’à ce qu’à la porte de la retraite aujourd’hui. Mais toujours rien à l’horizon…», a souligné pour sa part, Boureima Sawadogo, infirmier. Pour lui, «ce gouvernement ne comprend que l’argument de la force». Et si rien n’est fait, «nous allons utiliser cet argument», a t-il menacé.

La Coordination des syndicats de la fonction publique forte de 33 syndicats a laissé entendre que cette grève de 48 heures n’est que la première étape de son mouvement et que si le gouvernement ne réagit pas, elle verra comment élargir la lutte à travers l’unité d’action syndicale. Puisque, a souligné Mamadou Barro, «nous voulons en finir avec cette histoire d’indemnité et attaquer la question de la grille salariale».

Une réponse à “Burkina Faso : Grève des travailleurs de la fonction publique

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s