Tortures et assassinats de prévenus Rroms dans les commissariats russes

Le Livre Noir des Persécutions, 10 janvier 2013 :

Des Rroms sont régulièrement victimes de violences et de tortures dans les commissariats de police de Pskov, au nord-ouest de la Russie.

Pskov

Voici trois cas, documentés par le Centre Anti-Discrimination Mémorial, à St Petersbourg, où les violences policières ont entraîné la mort des trois prévenus.

Le rapport du Centre Anti-Discrimination de St Petersbourg répertorie quantité d’autres cas, dont le grand nombre et l’impunité indiquent suffisamment que ces persécutions sont devenues habituelles en Russie.

La mort de Fatima Alexandrovitch au commissariat de Pskov

Le 20 mai 2002, Fatima Alexandrovitch, d’origine Rrom, a été arrêtée et emmenée au poste de police de Pskov. Elle a été retrouvée morte dans la cour du commissariat, un peu plus tard ce jour-là ; selon la police, Fatima avait sauté d’une fenêtre, dans une intention suicidaire. Néanmoins, la police a volontairement évité d’enquêter sur l’incident. Selon des témoins, il y avait des blessures sur le corps de Fatima qui ne pouvaient pas être la conséquence d’une chute. Il y avait donc toutes les raisons de croire que Fatima avait été victime de violences à l’intérieur du commissariat, qu’elle a été assassinée avant qu’on ne dissimule les traces du crime pour éviter toute responsabilité.

Après avoir épuisé les recours devant la justice russe, une plainte a été déposée auprès de la Cour européenne des droits de l’homme. Dans sa décision, Kleyn et Alexandrovitch vs Russie, la Cour a constaté une violation de l’obligation de la Russie à mener une enquête indépendante et efficace suite à un décès au cours d’une garde à vue. La Cour n’a pu conclure à une violation du droit de Fatima à la vie, puisqu’il était impossible de fournir suffisamment de preuves qu’elle avait été assassinée à l’intérieur du commissariat, avant la chute de son corps. Cependant, la conclusion de la Cour indique qu’il y a bien eu violation de l’aspect procédural de l’article 2 de la Convention européenne, et met en évidence le manque d’intérêt des autorités russes à mener une enquête effective et indépendante en cas de violation potentielle du droit à la vie par des agents de police. Après la mort de sa femme, le plaignant s’est retrouvé seul avec deux enfants en bas âge. Dix ans après le tragique incident tragique, il a reçu 20 000 euros de dédommagement ainsi que le remboursement des frais juridiques .
Pskov Kommissarovsky Lane., 2

La mort de Roman Samuelevich au centre de détention de Pskov

En 2005, Roman Samulevich, d’origine Rrom, a été retrouvé mort dans le centre de détention de Pskov. Sa mort résulte d’une asphyxie (le corps a été retrouvé avec une corde autour du cou). Selon des rapports d’experts, il y avait de nombreuses blessures sur son corps qui étaient incompatibles avec la mort par pendaison. Malgré ces rapports et la demande que soit menée une enquête criminelle sur l’implication du personnel du centre de détention dans la mort de Roman Samulevitch, l’enquête n’a jamais été réalisée. Le refus des agences officielles d’appliquer la loi pour enquêter a été l’objet d’une plainte auprès des tribunaux russes. Une autre plainte a été préparée et déposée auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.
Police department №1, Pskov, ulitsa Maksima Gorkogo, 39а

La mort de Nikolaï Nikiforov au centre de détention de Pskov

Nikolai Nikiforov, d’origine Rrom, a été arrêté à Pskov, fin février 2011, suite à une bagarre.

Il a été reläché dans l’attente de son procès. Peu après sa libération, Nikolai a reçu une convocation pour revenir au poste de police, où il n’a pu se rendre pour raisons médicales. Il a donc été arrêté et conduit au centre de détention de Pskov. Deux jours plus tard, ses parents ont été informés de sa mort, d’une pneumonie selon le rapport de police.

Selon la mère de Nikolaï, son fils a été roué de coups lors de son arrestation. Des proches, qui ont assisté à l’enterrement de Nikolaï, ont rapporté que tout son corps était couvert d’ecchymoses, de toute évidence suite à des coups.

Malgré la présence d’un avocat, représentant la mère de Nikolaï Nikiforov lors de l’enquête qui a suivi sa mort, aucune poursuite pénale n’a été engagée. Une plainte, concernant le refus d’engager des poursuites pénales suite à la mort de Nikolaï Nikiforov au centre de détention de Pskov, a été déposée auprès de la Cour municipale de Pskov, en vertu de l’article 125 du Code de procédure russe.
Police department №1, Pskov, ulitsa Maksima Gorkogo, 39а

Les archives relatives à ces affaires sont consultables dans les archives du Centre Anti-Discrimination MEMORIAL. Ce rapport, envoyé à l’ONU, a déclenché des représailles de la part du Kremlin qui cherche à interdire l’ADC Mémorial.

Anti Discrimination Centre Mémorial
25/14 7th Krasnoarmeyskaya St.
Office 413
St. Petersburg, Russia 190005
Tel: +7 (812) 317 89 30
Tel./fax: +7 (812) 575 90 50
Website: http:/adcmemorial.org

Pskov (Псков), est la capitale administrative de l’oblast de Pskov (203 974 habitants en 2012), située au nord-ouest de la Russie, près de la frontière estonienne. En France, elle est jumelée avec Arles.

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