La Redoute : « c’est à Pinault de payer l’addition, pas aux salariés »

L’Humanité, 10 janvier 2013 :

1 178 emplois seront supprimés en quatre ans dans l’enseigne. Les salariés refusent de payer les erreurs de gestion du groupe Pinault.

Le couperet est tombé pour les salariés de la Redoute. Jeudi, à l’issue d’un comité d’entreprise à Roubaix (Nord), les futurs repreneurs de l’enseigne de vente par correspondance, Nathalie Balla et Éric Courteille, ont annoncé qu’ils prévoyaient de supprimer un tiers des effectifs, soit 1 178 postes sur 3 437, en quatre ans. Pour tenter de minimiser cette bombe sociale, ils ont également précisé que les départs contraints seraient inférieurs aux 672 du dernier plan social en 2008. La plupart des salariés pourraient prétendre à des mesures d’âge, des plans de départs volontaires et des préretraites…

Paravents à Pinault

Pour Fabrice Peeters, élu CGT au CE, «cet effet de communication n’adoucit pas le choc, et rien ne dit qu’il y aura des volontaires pour les départs. En plus, nous allons être repris par l’actuel PDG de La Redoute, en poste depuis 2008, Nathalie Balla, et par Éric Courteille, secrétaire général de Redcats, maison mère de l’entreprise et de Relais colis qui ont déjà contribué à mettre l’entreprise en difficulté et servent de paravents à Pinault».

Le 4 décembre 2013, Kering, ex-Pinault-Printemps-La Redoute (PPR), détenteur de l’entreprise depuis 1994, avait choisi d’entrer en négociations exclusives avec ces deux personnes pour leur céder la structure déficitaire depuis huit ans. Cette holding s’est seulement engagée à financer la transformation économique et industrielle de La Redoute à hauteur de 315 millions d’euros, ainsi que les mesures sociales comme les préretraites via une fiducie.

Pour Fabrice Peeters, « c’est à Pinault, responsable de ce qui se passe, de payer l’addition, pas aux salariés ». L’intersyndicale CFDT, CGT, SUD et CFE-CGC, mobilisée depuis le mois d’octobre, organise des rassemblements ce vendredi à Roubaix et Wattrelos.

20 Minutes, 10 janvier 2013 :

Un véritable coup de massue. Les syndicats de La Redoute se disaient «effondrés», jeudi, par l’annonce en comité d’entreprise de 1178 suppressions de postes lors des quatre prochaines années au sein de l’entreprise qui en compte actuellement 3400. Certains parlaient même de «douche froide». «Là, c’est la colère. L’annonce est tellement fracassante, je pense que les bras de chacun en sont tombés», a réagi Fabrice Peeters, délégué syndical CGT.

Des actions coup-de-poing

«Nous allons restreindre au maximum le nombre de départs contraints. Il serait significativement en dessous de celui du plan de 2008, qui était de 672», a déclaré à l’AFP Nathalie Balla, PDG de La Redoute, en précisant que Kering, l’actuel propriétaire, contribuerait à hauteur de 315 millions d’euros à la «transformation économique» de l’entreprise. Le plan d’affaire présenté au comité d’entreprise prévoit aussi l’investissement de «près de 50 millions d’euros dans la création d’un outil logistique» et «plus de 30 millions d’investissement informatique pour accompagner l’accélération de la modernisation de l’organisation de l’entreprise» a détaillé Nathalie Balla qui pourrait prendre officiellement les rênes de La Redoute à la mi-avril avec Eric Courteille.

De leur côté, les syndicats de La Redoute n’excluent pas de mener des actions coup-de-poing, comme de manifester le 25 janvier lors du déplacement à Lille du Stade Rennais, club de foot propriété de la famille Pinault, patron de Kering. Ce vendredi, un rassemblement du personnel est prévu au site de production de la Martinoire et au siège de Roubaix.

Une réponse à “La Redoute : « c’est à Pinault de payer l’addition, pas aux salariés »

  1. aubert lucien

    Pinault fait et fera des profits avec ou sans les travailleurs de la REDOUTE qui n’ont qu’une solution la lutte et la grève, ce sont leurs forces.
    les licenciements pleuvent, l’interdiction des licenciements et l’ouverture des comptes de l’entreprise sont les combats à mener.
    MONTEBOURG, hollande et le gouvernement socialiste trouvent dans nos poches des milliards pour le grand patronat (CICE) mais n’a rien à donner aux travailleurs.
    lucien

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