2014, quittons nos fourneaux, nos bureaux, nos marmots : Toutes dans la rue !

Article de Communisme-Ouvrier n°39 (janvier 2014), bulletin de l’Initiative Communiste-Ouvrière :

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En 2013, nous avons encore dû travailler près de 80 jours de plus pour gagner autant que nos conjoints, concubins, maris, amants, frères ou voisins…. sans compter les heures de bénévolat passées en doubles ou triples journées chez nous en rentrant le soir. Ça suffit !

A travail égal, salaire égal !

Au début de l’année 2013, un léger espoir pour que les choses changent s’était immiscé en deux lignes dans la presse. Entre la visite chinoise du Président de la République et les déboires financiers de son prédécesseur ou de ses acolytes, on a appris que le gouvernement fraîchement élu allait s’occuper fermement de l’égalité salariale des femmes, en sanctionnant les entreprises qui n’appliquent pas la logique du « à poste égal, salaire égal » (décret de décembre 2012, prévoyant des pénalités allant jusqu’à 1% de la masse salariale, dans les six mois suivant le coup de klaxon).

Les premières sanctions sont en effet tombées mais elles sont restées marginales. 500 mises en demeure ont été réalisées à l’encontre d’entreprises n’appliquant pas l’égalité salariale contre seulement cinq réellement sanctionnées, représentant des pénalités de plusieurs milliers d’euros à payer chaque mois, jusqu’à ce qu’elles se mettent en conformité avec la loi ». On imagine très bien que ces pénalités ne serviront pas à augmenter les salaires des femmes et resteront dans les poches de l’Etat. Ni les ouvrières, ni les travailleuses, ni les chômeuses, ni les ménagères, ni les mères de familles ne verront la couleur d’un seul Euro.

Par contre, dans le secteur privé notamment, l’écart de revenu salarial entre hommes et femmes en France a atteint 27%. Ces chiffres sont effrayants. Il faudrait donc que le patronat dégage une grosse somme d’argent pour compenser cette différence de salaires. Ce qui est loin d’être gagné ! Qui peut croire que les patrons, d’un coup de baguette magique, aligneront du jour au lendemain les salaires des femmes sur celui de leurs collègues masculins ? Le système capitaliste nous a toujours bercé d’illusions et montré le contraire. Il n’a aucun intérêt à nous faire des cadeaux. 

Nous devons donc nous employer nous même à faire sauter définitivement cette inégalité. Tant que l’argent restera la seule monnaie d’échange, nous devrons défendre notre part, au même niveau que celle des hommes. Les effets d’annonces du gouvernement « socialiste » n’engagent que lui-même. Il a fallu chasser Sarkozy. Cela a été fait. Le visage a changé, mais pas la politique. Faut pas rêver.

Pour revendiquer notre égalité, notre droit à un salaire égal, pas de meilleure tribune que la rue !

Les constats que nous avons posé en 2012 avant l’élection présidentielle sont hélas toujours d’actualité et risquent de le demeurer longtemps si le gouvernement persiste à mener une politique d’austérité dont l’ANI (Accord National Interprofessionnel) en est le digne représentant. Cet Accord est un pur saccage des droits du travail et renforce encore davantage notre précarité professionnelle et donc, notre égalité :

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à occuper des emplois en contrat précaires :

– à durée déterminée (la part des femmes en CDD dans l’emploi total est de 9.4 % contre 5.5 % pour les hommes).

– à temps partiel (81,5 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes ; 30 % des femmes qui ont un emploi travaillent à temps partiel,contre 6 % des hommes).

– peu ou pas qualifiés (62 % des emplois dits non qualifiés sont occupés par des femmes),

– à bas salaires (75 % des salariés à bas salaires sont des femmes (2011, 1055 eu net/mois sur la base d’un Smic de 1074 eu pour 35h hebdo) : plus d’1 femme salariée sur 4 perçoit un bas salaire, contre à peine 1 homme sur 10 ; si l’on considère les très bas salaires, ce sont 17 % des femmes qui sont concernées contre 4 % des hommes).

Le taux de chômage est aussi plus élevé (supérieur de 2 points de pourcentage à celui des hommes).

Les femmes perçoivent en moyenne une pension de retraite inférieure d’environ 40 % à celle des hommes, sachant que la moitié d’entre elles reçoit une pension de moins de 900 euros par mois..

Alors quand une femme est licenciée, avec toute la difficulté du monde qu’elle aura par la suite pour retrouver un emploi décent, c’est tout le prolétariat qu’on achève. C’est la classe ouvrière dans son ensemble qu’on fait saigner et qui doit se mobiliser pour qu’aucun d’entre nous ne soit jeté dans la misère.

Allons-nous accepter encore longtemps que notre force de travail ait moins de valeur, moins d’importance, moins de crédit que celle d’un homme ?

Allons-nous encore et toujours accepter la fatalité ? Refusons de travailler pour une bouchée de pain ! 

Soyons nombreuses et nombreux en 2014 à manifester pour dire Non à l’injustice sociale,

Non à l’injustice salariale dont nous sommes victimes depuis trop longtemps. 

Oublions nos casseroles, refusons de nous taire, ne restons plus enfermée dans nos foyers pour revendiquer nos droits une fois pour toutes.

Car c’est à nous seules d’arracher notre égalité, notre émancipation et donc, notre liberté !

Sophie Boiszeau

2 réponses à “2014, quittons nos fourneaux, nos bureaux, nos marmots : Toutes dans la rue !

  1. Bravo !!!

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  2. Résidence alternée pour les enfants de parents séparés pour le partage des tâches effectives!

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