Colère à Alger contre le manque de logements

Le Mag, 24 décembre 2013 :

Alger – De violents affrontements ont éclaté, lundi, entre des protestataires qui demandent des logement et les forces de l’ordre dans des quartiers de la banlieue d’Alger, un bilan de plusieurs blessés et à déplorer apprend-on de sources concordantes.

Image d’archive

Des dizaines de citoyens, habitant des immeubles menaçant ruine ou dans des bidonvilles, ont fermé les routes avec des barricades pour réclamer des logements décents, selon l’agence APS.

Les fortes pluies de ces derniers jours « ont inondé nos habitations précaires, ce qui nous a poussé à sortir dans la rue pour exprimer notre colère et dénoncer la passivité des responsables locaux », a lancé l’un des habitants.

Les habitants ont jeté des projectiles et des cocktails Molotov en direction des policiers, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes pour faire disperser les protestataires qui ont brûlé des pneus et utilisé des troncs d’arbres pour obstruer la route, rapporte le site d’information TSA.

Dans son plan quinquennal (2010-2014), le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, avait promis de construire plus d’un million d’habitations. Mais, la lenteur de réalisation des projets et les accusations de corruption exaspèrent le mécontentement des citoyens, donnant lieu à des émeutes intermittentes et à des drames sociaux.

Au début de l’année, des émeutes violentes ont éclaté dans la ville de Bordj Bou Arréridj, à 230 km à l’est d’Alger, faisant 52 blessés, 43 manifestants et 9 membres. Les populations protestaient contre des attributions de logements sociaux, après des soupçons de favoritisme et de clientélisme dans la sélection des bénéficiaires.

Des actes similaires, mais de moindre ampleur, ont été enregistrés, tout au long de l’année, dans plusieurs régions du pays. A chaque fois, les demandeurs de logement procèdent à la fermeture des routes et, dans des cas extrêmes, des personnes s’immolaient par le feu.

Il y a une dizaine de jours, un jeune chômeur algérien, qui s’est immolé par le feu dans la wilaya de Khenchela (Est), avait succombé à ses blessures, cinq jours après son acte désespéré destiné à attirer l’attention sur la situation difficile de son frère aîné, dont plusieurs demandes de logement social ont été rejetées.

En novembre dernier, un autre demandeur de logement social, écarté de la liste des bénéficiaires, a tenté de se suicider en s’immolant par le feu à l’intérieur du siège de la wilaya de Boumerdès, située à 50 km à l’est de la capitale.

La victime, qui habite dans un chalet en compagnie de sa femme et leurs deux enfants, avait commis son acte quand il a appris que son nom n’avait pas été retenu par la commission d’attribution parmi les bénéficiaires des logements sociaux dans le district de Boumerdès, sous prétexte que son frère y figurait.

Fin septembre dernier, un autre trentenaire s’est immolé par le feu, en présence de dizaines de personnes, dans une mairie près d’Oran (Ouest), après avoir été, lui aussi, écarté de la liste de bénéficiaires de logements sociaux dans laquelle son nom figurait.

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