Soutenons les précaires menacés d’expulsion en pleine « trêve » hivernale !

Ce vendredi 20 décembre le Tribunal d’instance de Lyon (rue servient) s’apprête à juger plusieurs cas concernant des occupations d’appartements par des personnes en grande précarité. Ces logements parfois pour certains inoccupés depuis des années appartiennent à des personnes qui, elles, passeront Noël bien au chaud.

A Lyon, dans le 7 ème arron­dis­se­ment, au 1 Bis rue du repos, des loge­ments appar­te­nant au CCAS et gérés par l’orga­nisme HLM « Grand Lyon Habitat », inoc­cu­pés depuis des années, pour cer­tains 10 ans, abri­tent depuis début juillet 2013 la famille Covacci ! Il s’agit d’une famille de 13 per­son­nes dont 7 enfants. Tous les enfants sont sco­la­ri­sés dans l’arron­dis­se­ment et la plu­part sont nés en France.

Arrivée en 2002 sur le ter­ri­toire, la famille Covacci n’a cessé d’errer de squat en camp de for­tune, ils y ont perdu un membre de leur famille. Jetée à la rue après l’incen­die de leur der­nier habi­tat, la famille a investi les appar­te­ments du CCAS où ils ont trouvé un mini­mum de sta­bi­lité indis­pen­sa­ble à leur bien être et celui de leurs enfants. Depuis leur arri­vée sur l’agglo­mé­ra­tion , cette famille a effec­tué de nom­breu­ses démar­ches pour obte­nir un toit et béné­fi­cier d’un accom­pa­gne­ment social. L’occu­pa­tion de ces appar­te­ments du CCAS n’est que la consé­quence des échecs répé­tés de ces démar­ches.

Ce matin là pas­sent également les habi­tants du 19 de la rue Roux Soignat, jeunes pré­cai­res sans aucune solu­tion de relo­ge­ment alors que le bâti­ment est vide depuis juin 2012.

Un des autres cas qui sera jugé ce matin là concerne le pro­prié­taire d’un appar­te­ment à proxi­mité de la place Voltaire, déten­teur d’un impor­tant patri­moine immo­bi­lier, de plu­sieurs socié­tés immo­bi­liè­res, et de luxueux cha­lets en mon­ta­gne qui argue aujourd’hui de pré­ten­dues « dif­fi­cultés économiques » pour obte­nir une pro­cé­dure urgente d’expul­sion d’Anaïs, pré­caire, dans l’attente de l’examen de son dos­sier d’attri­bu­tion d’un loge­ment social. Le pro­prié­taire demande en plus de l’expul­sion immé­diate (sans les deux mois de délais légaux) une condam­na­tion de paie­ment d’une indem­ni­sa­tion de 1000 euros par mois d’occu­pa­tion au titre du « pré­ju­dice subi » !

Quel pré­ju­dice a subi ce pro­prié­taire qui ne s’est pas soucié, des années durant, de l’état de cet appar­te­ment à la toi­ture lézar­dée et dont les dégâts des eaux auraient menacé tout l’immeu­ble, s’ils n’avaient été entre­te­nus par les nou­veaux occu­pants ?

Ne sont-ce pas les pau­vres, les tra­vailleurs-ses et les pré­cai­res qui subis­sent chaque jour un pré­ju­dice, lui tota­le­ment avéré, du fait de la hausse des loyers pro­vo­quée en par­ti­cu­lier par ces com­por­te­ments spé­cu­la­tifs ? Cette spé­cu­la­tion abou­tie en effet à ce que 24 000 loge­ments soient vides dans notre agglo­mé­ra­tion, tandis que 6000 per­son­nes sans loge­ment traî­nent leur exis­tence misé­reuse de part les rues gla­cia­les et que le 115 sonne occupé.

Seule une société hypo­crite peut consa­crer comme prin­cipe cons­ti­tu­tion­nel et comme dis­po­si­tion légale le droit incondi­tion­nel à un loge­ment, et faire primer dans les faits le droit de pro­priété sur le droit de vivre.

Les cas par­ti­cu­liers de ces pro­cé­du­res en référé qui vise à forcer en plein hiver l’expul­sion sans lais­ser le temps à ces hommes, ces femmes et leurs enfants des pos­si­bi­li­tés de relo­ge­ment qui s’offrent illus­tre une situa­tion plus géné­rale, qu’il faut dénon­cer.

Nous appe­lons en consé­quence chacun-e à se rendre en sou­tien à l’audience en référé à 8h30 le ven­dredi 20 décem­bre au Tribunal d’ins­tance de Lyon, 67 rue Servient salle A pour sou­te­nir la demande d’une déci­sion juste leur accor­dant un délai suf­fi­sant pour leur relo­ge­ment. Plus lar­ge­ment nous appe­lons à une mobi­li­sa­tion pour le droit au loge­ment pour tous quel­que soit sa natio­na­lité.

Premiers signa­tai­res : Union Pour le Communisme, Collectif Logement Lyon, FSE Solidaires-Etudiants, Collectif Lesbien Lyon, Confédération National du Travail interco 69, CGT Privés d’Emploi et Précaires du Rhône.

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