Les salariés des Ardoisières seront dans la rue mercredi

Ouest France, 1er décembre 2013 :

Après le choc de l’annonce de la fermeture, les ardoisiers se mobilisent. Dès vendredi matin, ils manifestaient devant le siège social où se déroulait la première réunion consacrée au plan social. Ils feront de même mardi.

« Ah, je vous souhaite bon courage ! » Cette femme de mineur s’est arrêtée pour discuter avec les quelques salariés qui manifestaient, hier après-midi, devant le siège social des Ardoisières d’Angers, à Trélazé. « Mon mari a été licencié en 1992. Il a reçu sa lettre alors qu’il était au fond de la mine. Et question reconversion, elle a vraiment été nulle ! »

Première grande manif

Une longue file de voitures s’étire devant le siège, sans aucun signe d’énervement. Des ardoisiers, avec des fanions aux couleurs de la CGT, distribuent des tracts et expliquent leur combat. « Nous refusons cette fermeture et nous vous invitons au rassemblement, mercredi prochain, à 10 h 30, devant la mairie de Trélazé. »

Ce sera la première grande manifestation depuis l’annonce de la fermeture des Ardoisières, avec ses 153 salariés, lundi dernier. « Le coup a été tellement violent, reconnaît Hervé Sabba, de la CGT. Nous leur avons demandé de revenir au conseil municipal de jeudi dernier. Il va y avoir une montée en puissance dans la réaction. »

Vendredi matin, ils étaient une quarantaine devant les grilles de l’entreprise. Certains sont revenus dans l’après-midi. Ils reviendront lundi après-midi, alors que se tiendra une nouvelle réunion, dans le cadre du plan social, cette fois du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail.

Mardi, ils manifesteront, à partir de 17 h 30, devant la préfecture où une rencontre est prévue. Mercredi, la fête de la Sainte-Barbe, patronne des mineurs, prendra une tournure particulière, avec l’assemblée générale de la CGT dès 9 h, salle de la Maraîchère, puis le rassemblement devant la mairie.

« Nous recevons énormément de soutiens. Ils nous vont droit au cœur », se réjouit Hervé Sabba. Le responsable de la CGT veut les fédérer pour parvenir à mettre en échec ce plan de fermeture qualifiée « d’abusive » par les manifestants. Et à mettre en route le projet soutenu par la CGT et la CGC, présenté dans une déclaration commune, lors de la première réunion consacrée au plan social, hier matin. « Il faut reprendre les travaux sur la zone de la Daguenière mais 250 m plus bas, avec une descenderie. Nous avons là de quoi assurer l’activité durant plusieurs années. »

Le porte-parole de la direction ne veut pas apporter de réponse à ce stade. Il rappelle les gros investissements faits par le groupe Imerys dans la recherche, depuis des années. « Nous avons constaté l’épuisement du gisement. Et ce que nous avons trouvé n’est pas de qualité suffisante. »

Début du combat

La direction confirme sa volonté de fermer la mine. Et insiste sur le dialogue social. « Nous garantissons un accompagnement de tous les salariés, avec une solution pour chacun. » Un tiers des 153 salariés pourraient partir en préretraite et les deux tiers retrouver un poste sur un autre site d’Imerys en France.

Pour la CGT, le combat ne fait que commencer. « En 1993, ils voulaient fermer le puits Monthibert et privilégier la carrière à ciel ouvert de la Porée. Par la lutte, nous avons réussi à inverser le cours des choses. Si nous n’avions pas gagné, nous ne serions plus là pour en parler ! »

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