Les ex-Conti demandent à l’Etat de « faire valoir leurs droits »

Paris (AFP) – Environ 150 anciens salariés de l’usine Continental de Clairoix (Oise) ont manifesté samedi à Paris pour demander à l’Etat de « faire pression » sur l’équipementier pour qu' »il respecte ses devoirs de reclassement et les décisions de justice ».

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Parti de la gare du Nord à 12h45, le cortège a défilé jusqu’au ministère de la Justice, place Vendôme, où une délégation a été reçue par des membres du cabinet de Christiane Taubira et du ministre du Travail Michel Sapin.

A l’issue de l’entrevue, Antonio Da Costa, « toujours » délégué du personnel CFTC du site fermé en 2010, a dit « espérer maintenant une réaction politique forte. On nous a dit qu’il y aurait une réaction. Il faut que l’Etat s’en mêle et ne laisse pas tomber les salariés ».

Les manifestants demandent notamment au gouvernement « de faire pression sur Continental pour qu’il respecte ses obligations de reclassement et exécute les décisions de justice », a expliqué à l’AFP l’ex-leader des Conti, Xavier Mathieu (CGT), en rappelant que « le procureur avait su poursuivre les ouvriers pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne » en avril 2009. Plusieurs ouvriers avaient été condamnés.

Depuis le jugement en février dernier du tribunal administratif d’Amiens demandant à l’équipementier automobile de réintégrer 22 salariés protégés de l’usine, « Continental n’a toujours pas appliqué la décision », affirme-t-il.

Continental, qui avait fermé le site de Clairoix début 2010 après un rude conflit social au printemps 2009, a été condamné le 30 août par les prudhommes de Compiègne à indemniser près de 700 anciens salariés pour défaut de motif économique, une décision dont le groupe a fait appel.

Dans un communiqué, la direction de Continental a souligné samedi que « seuls deux anciens salariés protégés ont décidé de faire valoir » leur droit à la réintégration. Le site étant « désaffecté depuis bientôt quatre ans », l’entreprise indique leur avoir proposé « des postes équivalents sur son usine de Sarreguemines (Moselle) », « qu’ils ont refusés ».

Tenant « à rétablir la vérité », Continental assure avoir « scrupuleusement respecté ses engagements », à savoir proposer à chaque salarié « deux offres d’emploi » ou une formation. « Ces engagements ont été tenus pour 95% des 1.113 salariés de Clairoix », précise le communiqué.

Selon M. Da Costa, « sur 1.120 salariés, 350 ont aujourd’hui un CDI précaire au Smic, une centaine sont au RSA et 500 à Pôle emploi ».

« Je veux faire valoir mes droits, on ne nous écoute pas », a expliqué Yannick, 38 ans, obligé de vendre sa maison « qu’on commençait à construire quand Continental a fermé ».

Les ex-Conti ont reçu le renfort de collègues de Rambouillet (Yvelines), ainsi que d’ouvriers de PSA Aulnay, « dans la même panade ».

Olivier Besancenot (NPA) était également présent pour soutenir le combat « emblématique » des ex-Conti, symbolique du « chantage » des accords de compétitivité (qui n’a pas empêché la fermeture de l’usine), et aujourd’hui « illustration que les pouvoirs publics sont du côté des actionnaires ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20131123.AFP2994/les-ex-conti-demandent-a-l-etat-de-faire-valoir-leurs-droits.html

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