Château-Arnoux : une famille géorgienne en instance d’expulsion

La date butoir du jeudi 21 novembre approchant, un comité de soutien multiplie les actions pour empêcher l’expulsion. Une manifestation est programmée mercredi dans la cité préfectorale.

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Une famille de réfugiés politiques sur un siège éjectable

Château-Arnoux abrite, depuis le 26 août dernier, une famille de Géorgiens assignée à résidence dans un hôtel. La famille KIRIQURASHVILI, un couple avec deux enfants (6 ans) nés en France et scolarisés dans une des écoles de la commune, est arrivée sur notre territoire en 2004 en qualité de réfugiés politiques. Ses papiers lui ayant été retirés, elle a fait une demande de régularisation au regard des critères de la circulaire relative à l’admission exceptionnelle au séjour. Demande rejetée par l’OFPRA – Office français de protection des réfugiés et apatrides, y compris lors de son réexamen pour une demande d’asile cette fois.

Sur la commune, leur situation ne laisse personne indifférent. La municipalité accueille gratuitement les enfants à la cantine et un comité de soutien s’est créé sous la houlette du Réseau d’Education Sans Frontière.  Ceului-ci a constitué une chaîne de solidarité, notamment pour les repas du soir, l’hôtel ne leur dispensant aucun repas.

Une pétition comprenant plus de 1 000 signatures réclamait la poursuite de la scolarisation des deux enfants appuyée d’une manifestation devant la préfecture de Digne-les-Bains, le mercredi 10 octobre. Une délégation d’élus a été reçue en préfecture et a obtenu une prolongation de leur assignation pour une durée de 45 jours supplémentaires. Ce qui porte la date butoir au 21 novembre prochain. Depuis ce 10 octobre, le père a obtenu une promesse d’embauche chez un boulanger de Sisteron. La municipalité, de son côté, a mis en mouvement son réseau de bailleurs sociaux afin de leur obtenir un logement.

Le serpent qui se mord la queue

Malgré toute la bonne volonté des uns et des autres, la situation de cette famille est une impasse dans la mesure où, pour avoir un travail, il faut des papiers, ce qui n’est pas le cas. Idem pour ce qui est du logement, même si l’on peut légitimement penser qu’à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Il n’en demeure pas moins que les bailleurs sociaux ne sont pas des philanthropes et que pour monter un dossier de demande de logement, il faut fournir une foule de documents (carte d’identité ou titre de séjour, avis d’imposition, justificatifs de ressources…), ce que ne peut fournir actuellement la famille KIRIQURASHVILI.

On pourrait imaginer aussi, comme cela a été demandé par le comité de soutien, que la municipalité fournisse un logement communal. Cela poserait de fait la question de l’équité par rapport à la liste d’attente de demandeurs de logement. Cependant, Zaza, le papa, ne peut pas travailler malgré la promesse d’embauche car il n’a pas de papiers… Donc, qui paiera le loyer, l’eau, l’électricité ? Qui assurera le bien loué comme l’exige la loi ? Certes, cette famille est sous le coup d’une éventuelle expulsion, mais combien de familles sont menacées d’expulsion pour diverses raisons : accident de la vie, chômage… ? Comprendraient-elles le choix des élus ? Aujourd’hui, le dilemme est draconien pour des élus responsables : comment être solidaire dans l’équité ? Le drame de la société « civilisée » n’est pas dans le refus de la solidarité, mais dans les moyens d’être solidaire alors que la précarité est grandissante. Il faut espérer qu’elle ne sera jamais dominante, car alors…

Poursuite des actions pour soutenir la famille

Le Comité de soutien a adressé un courrier au Préfet des Alpes-de-Haute-Provence le 28 octobre dernier, demandant de « permettre à George et Luca, les deux enfants, nés en France, de la famille Kiziqurashvili de poursuivre sereinement leur scolarité à Château-Arnoux, dans l’école où ils sont inscrits depuis la rentrée 2013. » Il souligne combien la famille s’est intégrée et est appréciée de tous, faisant des efforts pour participer à la vie associative et bénévole. De son côté, le maire de Château-Arnoux, Patrick Martellini, a adressé un courrier à Manuel Valls et sans réponse, a écrit à Christiane Taubira, Ministre de la Justice, le 7 novembre dernier. Il sera dans le cortège de la nouvelle manifestation qui se déroulera mercredi 20 novembre à Digne-les-Bains.

http://www.hauteprovenceinfo.com/article/17/11/2013/chateau-arnoux–une-famille-georgienne-en-instance-dexpulsion/3417

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