Mali : Quand l’esclavage bat son plein dans les mines d’or !

Malijet, 13 novembre 2013 :

Les 13es journées minière et pétrolière se tiennent au moment où l’injustice semble atteindre son paroxysme au sein des mines d’or. Derrière l’exploitation minière au Mali, se cache une injustice qui ne dit pas son nom. Et ce n’est pas pour rien que cette année, les journées minières et pétrolière ont pour thème central, « mines et développement communautaire ». S’agit-il de réparer cette injustice ?

Mineur d’or au Mali

Un tour dans les zones d’exploitation minière suffit pour comprendre cette injustice. Les populations des zones minières sont considérées comme des « cordonniers mal chaussés » puisqu’ elles ne gagnent rien dans l’exploitation minière». Ceci est une réalité depuis le début de l’exploitation industrielle de l’or au Mali.

Face à cette triste situation qui n’a que trop duré, le ministre de l’Industrie et des Mines, Dr Boubou Cissé a indiqué au cours de la cérémonie d’ouverture de la 13ème journée minière et pétrolière que l’Etat va prendre des mesures, afin que l’exploitation minière contribue au développement communautaire. Mais il n’a pipé mot sur les nombreux problèmes qui opposent, ces derniers temps, les travailleurs miniers aux sociétés minières.

Quand l’esclavage bat son plein dans les mines d’or !

Quand Human Wright Watch indiquait, en 2011, dans un de ses rapports sur l’utilisation des enfants dans l’orpaillage au Mali que l’ «or du Mali est entaché du sang d’enfants», cela avait heurté la sensibilité des autorités maliennes. Mais que font les autorités maliennes pour mettre fin à l’esclavage qui semble atteindre son paroxysme dans les mines d’or ?

Aujourd’hui, il n’est plus un secret pour personne que les travailleurs miniers sont victimes de licenciement abusif. Au Mali, les sociétés minières ont droit de vie et de mort sur leurs employés. La moindre revendication des travailleurs est considérée comme un crime. Le licenciement est devenu la seule riposte aux revendications.

Selon une source de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (Fénamé) qui regroupe tous les comités syndicaux des travailleurs des mines et de l’énergie, entre 2011 et 2013, plus de 1 160 travailleurs ont été licenciés par leurs employeurs. Sans motif valable, ni droit. Il s’agit d’une injustice qui ne dit pas son nom et face à laquelle les autorités maliennes restent muettes comme une carpe.

Plusieurs sociétés minières sont impliquées dans cette injustice. Selon nos sources, pas un jour sans qu’un travailleurs ne soit viré par une société minière.

Il ressort d’un rapport de la Fédération nationale des travailleurs des mines et de l’énergie (Fénamé) qu’entre 2011 et 2012, 436 et 26 délégués du personnel ont été licenciés par la société BCM Loulou et 57 travailleurs dont 27 syndicalistes ont été illégalement licenciés par SEMOS-SA et LTA-Mali-SA Sadiola pour fait de grève.

La société ALS- BAMAKO a déjà mis à la porte 135 travailleurs dont tous les leaders pour avoir réclamé des visites médicales et une prise en charge des travailleurs contaminés par le Plomb. SAER-Takoto et Loulou-SA a, injustement, chassé sans droit, 72 travailleurs et 11 syndicalistes et SYAMA-SA a, abusivement, licencié 325 travailleurs. La liste est longue, très longue.

«Sur les lieux, les violations de tout ordre pullulent, vous pouvez les voir, les sentir, les entendre et même les deviner. C’est dans cette atmosphère qu’évoluent nos frères et sœurs, nos pères et mères quotidiennement » nous confie Yacouba Traoré, secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs des mines et de l’énergie. Il indique que la Fénamé est à pied d’œuvre afin que justice soit faite. Mais il se trouve que toutes les affaires sont suspendues au niveau des tribunaux. Cela se comprend quand on sait que les sociétés minières n’hésitent pas à délier la corde de la bourse chaque fois qu’elles sont devant un juge.

Ne sachant plus où mettre de la tête, les travailleurs licenciés, à travers la Fénamé, ont soumis l’affaire au Médiateur de la République le 07 octobre dernier pour l’Espace d’interpellation démocratique (EID) prévue pour le 10 décembre prochain. Depuis, le 17 septembre dernier, le problème a été soumis au ministre des Mines et de l’Industrie, Dr Boubou Cissé. Mais celui-ci a décidé, comme ses prédécesseurs, de jouer à la prolongation. Comme si cela ne suffisait pas, les travailleurs n’ont pas été invités à cette 13ème journée minière et pétrolière.

« Nous étions invités aux éditions précédentes, mais cette années, nous sommes ignorés. Parce que les sociétés minières, en complicité avec nos autorités, ne veulent pas que la vérité éclate au grand jour», déclare le président de la Fénamé.

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