Ogeu : journée de grève chez PCC France

La République des Pyrénées, 1 novembre 2013 :

Quelques sifflets et huées saluent le passage de la voiture de la direction, à la sortie de l’usine PCC France à Ogeu, jeudi midi. À son bord, le nouveau directeur de l’usine, arrivé en juillet, François Eisenreich, le directeur des ressources humaines, Arnaud-Olivier Bensman, et un représentant des actionnaires américains de PCC France. « Ce n’est pas un signal encourageant à leur envoyer », déplore le nouveau gérant.

À l’appel du syndicat CGT, une partie du personnel s’est mise en grève, ce jeudi, pour protester contre le licenciement d’un salarié, deux semaines auparavant, et la « dégradation des conditions de travail », depuis plusieurs mois. Une soixantaine de grévistes occupent l’entrée de l’usine. Un taux de participation que la direction évalue à moins de 25 % du personnel de l’usine (340 salariés). Une courte altercation oppose un gréviste à un non-gréviste. Les délégués CGT calment le jeu.

« C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, observe Sébastien Breton, délégué CGT.Nous tenons à notre entreprise, pour laquelle nous nous investissons tous depuis de longues années nous ne pouvons cautionner qu’elle se dégrade ainsi sous prétexte d’une rentabilité toujours plus exigeante et au détriment des salariés. »

La direction estime s’être expliquée au sujet de ce licenciement, qu’elle justifie par « des manquements répétitifs aux règles de sécurité de l’entreprise ». Pour François Eisenreich, ce licenciement est « utilisé pour mettre en avant le mal-être de certains au sein de l’entreprise ».

Le syndicat réclame la réintégration du salarié licencié. La réponse de la direction est limpide. « On ne reviendra pas dessus, ce licenciement relève de notre responsabilité, rétorque François Eisenreich. Cela n’amuse personne de licencier un salarié mais on ne peut pas laisser planer le doute sur l’exigence du respect des règles de sécurité dans l’entreprise. »

La CGT dénonce « les nouvelles méthodes de management, les pressions et le travail à la carte très mal vécus par les salariés ». Sébastien Breton enfonce le clou: « L’entreprise doit embaucher au lieu d’user ses salariés, de les forcer à revenir le samedi ». La direction concède avoir « allongé les plages de temps de travail » et s’explique. « Depuis le mois de juin, nous avions un retard de livraison des clients très importants. Nous avons mis en place un plan de rattrapage, ce qui nous a permis de diviser ce retard par deux. »

PCC France a en outre « à gérer une croissance, et pas une crise, souligne François Eisenreich. Et entre le moment où l’on reçoit les commandes et celui où l’on parvient, de plus en plus difficilement, à faire rentrer du personnel qualifié, il y a un temps de décalage. » Le recours à l’allongement de la plage de travail sur la semaine « n’est pas une situation dont la direction se satisfait ».

Elle déplore pour autant « que l’on lance un mouvement de grève au moment où des directives pour revenir à un mode de fonctionnement normal, qui nous permettrait d’absorber la croissance à laquelle nous faisons face, sont en cours d’élaboration ». La CGT, elle, observe que le nombre de salariés permanents s’est réduit de 2007 à 2013, passant de 382 à 324 personnes. Quand le résultat net et les dividendes reversés aux actionnaires sont, eux, en augmentation.

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