Une employée espa­gnole licen­ciée pour ne pas être venue au tra­vail le jour de son expulsion

Une employée de 31 ans, Amaya, qui tra­vaillait dans la société de télé­mar­ke­ting Konecta Spanish à Madrid a été virée pour ne pas être venue au tra­vail le jour … de son expul­sion. Une his­toire qui donne la chair de poule.

Amaya

Le site « Prenez les quar­tiers » raconte l’histoire de l’expulsion d’Amaya qui s’est dérou­lée le 11 sep­tembre et à laquelle étaient pré­sents une cen­taine de poli­ciers anti­émeute. Une semaine aupa­ra­vant, Amaya avait demandé à son entre­prise un chan­ge­ment d’emploi du temps pour pou­voir assis­ter à son expul­sion, mais la réponse a été la sui­vante : « Je ne pense pas que ce soit pos­sible. Mais tu es une grande fille main­te­nant et tu connais tes res­pon­sa­bi­li­tés. Ce jour-là tu ne peux pas man­quer. »

Amaya n’a pas pu aller tra­vailler et, à cause du stress extra­or­di­naire de la situa­tion, elle a fini psy­cho­lo­gi­que­ment bri­sée, et son méde­cin de famille lui a donné quelques jours d’arrêt pour qu’elle puisse récupérer.

Cependant, Amaya a été congé­diée pour accu­mu­la­tion de fautes. La lettre de licen­cie­ment consi­dère que le fait de ne pas être allée au tra­vail le jour de son expul­sion ni les jours sui­vants consti­tue un motif plus que suf­fi­sant pour rompre le contrat.

Bien que l’entreprise recon­naisse que ses absences étaient jus­ti­fiées, elle rétorque que la Réforme du Travail adop­tée l’année der­nière per­met de le faire.

Le site sou­ligne que la pré­ca­ri­sa­tion des condi­tions de tra­vail suite à la der­nière Réforme du Travail laisse des mil­liers de tra­vailleurs abso­lu­ment sans défense.

En réponse au licen­cie­ment d’Amaya, l’Assemblée du loge­ment de Madrid a appelé à un ras­sem­ble­ment pour le mardi 29 Octobre à 17h00 devant le siège de l’entreprise Konecta. Le but de l’initiative est d’obtenir la réin­té­gra­tion d’Amaya.

L’expulsion d’Amaya a été fil­mée. Dans la vidéo qui suit, on peut voir ses amis, des citoyens soli­daires et des mili­tants flé­cher l’itinéraire jusqu’au domi­cile d’Amaya pour pou­voir être rejoints par d’autres. Certains sont déjà ins­tal­lés dans son appar­te­ment. On fait entrer les retardataires.

Derrière la porte fer­mée, la ten­sion est à son comble. On arrive. Un jeune homme demande à tra­vers la porte fer­mée : « Il y a la police ? Il y a la police ? ». Oui la police est déjà là. Ils refusent d’ouvrir et s’organisent pour blo­quer portes et fenêtres avec des meubles.

Sur le mes­sage du télé­phone accom­pa­gné d’une pho­to­gra­phie où figurent bon nombre de poli­ciers on peut lire « voilà le car­re­four de la rue d’Amaya ». Plusieurs per­sonnes bloquent le canapé contre la fenêtre. Son amie regarde dans le judas. De l’autre côté de la porte on entend l’avocat d’Amaya : « Amaya, il y a un très gros déploie­ment de poli­ciers ». Une mili­tante : « Ils sont déjà pré­pa­rés avec les casques et en file pour rece­voir les ordres et entrer. » Son avo­cat : « Ils ont même le maillet en acier pour défon­cer la porte. Ce que je vous demande, c’est de vous tenir loin de la porte, d’accord ? »

Un mili­tant : « Une minute !» L’avocat d’Amaya : « voyez ça entre vous, par­lez en entre vous et déci­dez. » En quelques secondes de dis­cus­sion, le comité décide de crier « résis­tance ! ». Un jeune homme coiffé d’une cas­quette noire explique à tra­vers la porte fer­mée qu’ils ne pensent pas quit­ter le domi­cile et comptent res­ter der­rière la porte. L’avocat d’Amaya « Donc, le com­man­dant de police dit qu’il doit accom­plir la loi. Si la com­mis­sion judi­ciaire dit d’y aller, ils doivent lui obéir, et qu’ils pro­cé­de­ront à l’ouverture de la porte pour entrer, à un contrôle d’identité puis aux arrestations. »

Amaya : « Et mes affaires ? » Son amie : « Et les affaires d’Amaya ? » Les dis­cus­sions s’animent et Amaya craque. En larmes, elle répète : «Qu’ils s’en aillent, pitié, qu’ils s’en aillent » Tous en chœur, les mili­tants et ses amis scandent : « Tu n’es pas seule, nous sommes avec toi ! »

Amaya est main­te­nant au télé­phone. Quand elle rac­croche, elle fait le bilan de la conver­sa­tion : « ils disent qu’il faut que nous sor­tions, que vous m’aidiez à sor­tir mes affaires si vous pou­vez et que si vous sor­tez tous paci­fi­que­ment, il ne se pas­sera rien. » La mort dans l’âme, le comité s’exécute.

Dehors, de nom­breux mani­fes­tants, entou­rés de CRS encore bien plus nom­breux, scandent une fois de plus : « Tu n’es pas seule, nous sommes avec toi ! » Le dis­po­si­tif poli­cier est impres­sion­nant, il encercle tout le quar­tier. Certains expriment leur colère, pen­dant qu’une ambu­lance repart à vide, sa pré­sence étant le signe qu’on s’attendait à ce que ça tourne mal.

Amaya pleure dans les bras d’une amie, pen­dant qu’un poli­cier leur tourne le dos avec indifférence.

Alors que des mili­tants prennent à par­tie un poli­cier, celui-ci met immé­dia­te­ment fin à la dis­cus­sion : « D’accord, d’accord, c’est bien, tu peux conti­nuer » lâche-t-il à une mili­tante qui refuse de se taire.

Les affaires d’Amaya sont désor­mais réunies sur le trot­toir. On les a recou­vertes d’un film plas­tique, la pluie com­mence à tomber.

Les mili­tants véhi­cu­lés tentent d’embarquer un maxi­mum d’affaire dans leur voi­ture, pour les mettre en sécurité.

100 antidisturbios para desahuciar a Amaya

La pro­fonde crise éco­no­mique que vit l’Espagne a fait grim­per le chô­mage à 26 % de la popu­la­tion active, un niveau record, ce qui a mul­ti­plié les cas d’expulsions pour loyers ou prêts hypo­thé­caires impayés. Depuis que la crise a éclaté en 2008 on a enre­gis­tré en Espagne plus de 400 000 sai­sies et une grande par­tie d’entre elles s’est ter­mi­née par la perte du loge­ment. Selon les don­nées de l’organisation Stop Desahucios, 34% des sui­cides en Espagne sont moti­vés pré­ci­sé­ment par les expul­sions, qui sont au nombre d’environ 500 par jour.

https://www.okeanews.fr/20131029-employee-espagnole-licenciee-expulsion

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