Sur la compétitivité, PSA va plus loin que l’ANI

Article publié sur le site de la Filpac-CGT :

Derrière l’accord du constructeur automobile, se cache un chantage à l’emploi encore pire que la loi.

Un accord de compétitivité au top de la régression. Si la CGT et la CFDT ont décidé de ne pas parapher le « Nouveau Contrat social » du groupe PSA, en revanche, FO, la CFECGC, le GSEA et la CFTC (représentant 63 % des voix) ont signé, hier, ce texte des deux mains.

Depuis le début des négociations, la CGT, première organisation syndicale, dénonce « un contrat antisocial ».

Le texte instaure

– un gel des salaires en 2014,

– des modérations de primes,

– une modulation accrue du temps de travail

– En contrepartie, PSA s’engagerait à ne plus fermer de site en France d’ici à 2016 et à produire un million de voitures par an.

Un accord qui s’inscrit dans une stratégie globale de réduction des coûts du groupe et de réorientation de sa production des véhicules d’entrée de gamme sur les marchés émergents.

De son côté, la CFDT, cinquième syndicat de l’entreprise, est aussi montée au créneau, estimant que ce nouveau contrat allait bien au-delà des dispositions prévues par la loi sur la sécurisation de l’emploi.

Issue de l’accord national interprofessionnel (ANI) ratifié par la CFTC, la CFE-CGC et la CFDT, le 11 janvier 2013, cette loi devait soi-disant encadrer ces accords « de maintien dans l’emploi » qui consistent en une modulation du temps de travail ou du salaire en cas de difficultés économiques. Dans les faits, elle institutionnalise le chantage à l’emploi.

Et rien n’empêche les entreprises d’enfanter des accords pires que ce modèle. PSA s’est donc engouffré dans la brèche. L’accord de maintien durera trois ans, contre les deux ans au maximum prévus dans l’ANI. Soit une année de sacrifices supplémentaire pour les salariés de la firme.

Si l’ANI impose la constance des effectifs et l’impossibilité de casser les contrats de travail pour motif économique, le doute plane chez PSA. Philippe Dorge, DRH de PSA, l’expliquait sans détour hier dans les échos :

« L’ANI implique un maintien de l’emploi en échange de quoi des baisses de salaires sont possibles. Chez PSA, je ne peux pas m’engager sur le maintien dans l’emploi, mais on ne baisse pas les salaires non plus. »

Si PSA ne tient pas ses promesses, le texte ne prévoit aucune sanction. Comme le souligne la CFDT, « l’accord du constructeur n’envisage pas, contrairement à la loi, la mise en place d’une clause pénale telle que prévu pour les accords de maintien dans l’emploi ».

Bravant la législation, le constructeur automobile n’instaure pas dans l’immédiat de clause de retour à bonne fortune, c’est-à-dire qu’en cas d’amélioration de l’activité, les sacrifices demandés aux salariés soient compensés.

Avec son nouveau contrat social, PSA a réussi le tour de force d’engendrer un accord encore plus scélérat que l’ANI.

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