Aude : la CGT dénonce la « traite d’humains » dans les vignes

Midi Libre, 5 octobre 2013 :

Trois salariés portugais ont poursuivi leurs employeurs, des viticulteurs des Corbières, aux prud’hommes. L’affaire est mise en délibéré au 24 octobre.

Salaires payés 3 € de l’heure et non déclarés ; journées à rallonge ; hébergement sommaire ; paies versées à un seul homme chargé de recruter la main-d’œuvre ; ouvriers que l’on se passe de viticulteur en viticulteur. Pour la CGT, cela ne fait aucun doute : « On est face à de la traite d’être humains ».

Ce récit effrayant, le syndicat le livre en se basant sur les témoignages de Portugais, employés dans plusieurs domaines des Corbières de décembre 2012 à avril 2013.

Camplong-d’Aude et Fabrezan

Les victimes présumées de ce « trafic de main-d’œuvre » sont venues demander de l’aide, au printemps dernier, pour faire valoir leurs droits. Une action aux prud’hommes a été engagée à l’encontre de deux viticulteurs indépendants de Camplong-d’Aude et de Fabrezan qui, à leur tour, ont impliqué deux autres vignerons, dont l’un exerce à Montlaur. L’affaire a été mise en délibéré au 24 octobre.

« Extorsion de fonds »

La CGT avait, dans un premier temps, tenté une négociation amiable avec les employeurs concernés. Une rencontre avait eu lieu entre le syndicat, les viticulteurs, et les salariés, débouchant sur une régularisation des salaires. « Des chèques ont été rédigés, avec la promesse écrite que des fiches de paies seraient établies. Or, elles ne sont jamais arrivées », relate Magali Astruc. Au lieu de cela, la responsable syndicale et son homologue Christophe Garreta font aujourd’hui l’objet d’une plainte des deux viticulteurs pour “extorsion de fonds et chantage en réunion”.

Inspection du travail

L’Inspection du travail, qui avait été saisie par la CGT sitôt les faits connus, a fait une déclaration, le 29 juin dernier, auprès du procureur de Narbonne, invoquant l’article 40 qui oblige tout organisme public à dénoncer des faits en infraction avec la législation du travail.

Des centaines de cas

« Des cas comme ça, il y en a des centaines dans les vignes », précise Christophe Garreta. Polonais, tchèque, arabe, espagnol… autant de langues dans lesquelles un tract de sensibilisation a été traduit. Lundi, les trois travailleurs témoigneront lors d’un débat public, à 18 h 30, à Camplong-d’Aude, sur le travail décent et la protection sociale, auquel tous les élus et représentants de la viticulture ont été conviés.

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