Amnesty dénonce la violence de la répression à Istanbul

AU RAPPORT

L’ONG publie ce mercredi un rapport sur la répression par le régime d’Erdogan des manifestations du mois de juin, qui ont fait au moins trois morts.

La police turque évacue le parc Gezi le 15 juin 2013.

La police turque évacue le parc Gezi le 15 juin 2013.

Trois mois après les importantes manifestations contre l’autoritarisme du gouvernement Erdogan à Istanbul, Amnesty International dénonce dans un rapport publié ce mercredi (lire le document en pdf) l’extrême violence de la répression des autorités contre les protestataires. «Le droit de se réunir pacifiquement a été systématiquement bafoué et les violations du droit à la vie, à la liberté et à ne pas être torturé et maltraité ont été nombreuses», affirme Andrew Gardner, spécialiste de la Turquie au sein de l’ONG de défense des droits de l’homme.

La Turquie a été secouée au printemps par une vague de manifestations antigouvernementales sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir du parti islamo-conservateur en 2002. Ce mouvement est né de la lutte de défenseurs de l’environnement pour la sauvegarde des arbres du parc Gezi, dans le centre d’Istanbul, menacés par un projet gouvernemental d’aménagement. La dispersion brutale des militants écologistes par la police a entraîné une propagation du mouvement à toute la Turquie et son évolution en une vaste contestation antigouvernementale, les manifestants accusant le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan d’autoritarisme et d’«islamisation» du pays.

BALLES RÉELLES, SÉVICES SEXUELS, IRRITANTS CHIMIQUES

Dans son rapport, Amnesty International souligne qu’au moins trois manifestants sont morts à la suite d’un usage excessif de la force par la police, que ce soit par des tirs à balles réelles, des passages à tabac ou des tirs tendus de grenades lacrymogènes. L’Union des médecins de Turquie a de son côté dénombré six morts lors des manifestations, dont un policier, et un manifestant victimes des heurts de septembre, ainsi que plus de 8000 blessés, notamment des yeux crevés et des traumatismes crâniens.

L’organisation de solidarité internationale dénonce également les tirs de balles en caoutchouc visant la tête ou le haut du corps, des grenades lacrymogènes lancées contre les passants ou dans des lieux clos, et des sévices sexuels infligés par des policiers à des manifestantes. Enfin, des irritants chimiques auraient été ajoutés aux réservoirs des canons à eau qui ont servi à disperser les manifestants.

Amnesty International appelle donc les gouvernements étrangers à interdire immédiatement les exportations ou les transferts de matériel antiémeute vers la Turquie, notamment le gaz lacrymogène et le gaz poivre, ainsi que les balles en caoutchouc.

http://www.liberation.fr/monde/2013/10/02/amnesty-denonce-la-violence-de-la-repression-a-istanbul_936360?xtor=rss-450

 

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