Distributeur d’annuaires : un job sous-payé ?

177 €. C’est ce que dit avoir touché une chômeuse du nord Deux-Sèvres après avoir consacré deux semaines pour distribuer 1.223 annuaires.

ANNUAIREVous distribuerez l’annuaire téléphonique France Télécom Pages Jaunes aux particuliers et aux professionnels de votre commune de résidence. Contrat à compter du […]. Vous devez impérativement avoir le permis de conduire et un véhicule… »

C’est à une annonce de ce genre diffusée par Pôle Emploi que l’ami de Mickaël a répondu juste avant l’été. Son employeur ? La SARL S’Pass Diffusion, basée à Bourges. Sa mission ? Distribuer des annuaires sur le secteur de Bressuire. Mais les conditions de travail et de rémunération ont poussé la jeune femme vers une procédure prud’homale. « Elle a distribué 1.223 annuaires, raconte son amie Mickaël. Elle a travaillé l’équivalent de deux semaines, elle vient de recevoir sa paie : 177 € ! Frais de route compris… » Mickaël est scandalisé.

D’abord parce que son amie aurait dû, a-t-il recalculé, toucher 226 €. Il est aussi effrayé par cette rémunération bien modeste (0,14 €/annuaire). « Je trouve abusif de profiter de gens sans emploi qui ont besoin de travailler… » Il est d’autant plus amer que le recrutement par S’Pass Diffusion s’est fait dans les locaux de Pôle Emploi, un endroit qui, évidemment, met le chômeur en confiance. L’organisme serait-il trop bienveillant avec ces pratiques ? Un de ses directeurs territoriaux explique d’abord que les séances de recrutement se font, en principe, en présence d’un conseiller Pôle Emploi qui, s’il estime que le recruteur n’est pas assez clair dans sa présentation, alerte les candidats sur les modalités de paiement de la prestation.

«  C’est vrai, je ne suis pas très généreux dans mes paiements  »

Ce responsable de Pôle Emploi admet par ailleurs qu’«il est difficile de cautionner » ce genre de job. Mais il développe un argument imparable : « Il ne s’agit pas ici d’un emploi salarié, nuance-t-il, mais d’une activité complémentaire ». Activité à laquelle le Smic ne s’impose pas. Libre à l’employeur, donc, de fixer ses tarifs. « C’est vrai, reconnaît le gérant de S’Pass Diffusion, je ne suis pas très généreux dans mes paiements. » Et Alec Mash explique, fataliste, que la pression du marché et la concurrence l’ont incité à réduire la rémunération : « Il y a dix ans, un distributeur pouvait toucher une centaine d’euros par jour. Aujourd’hui, c’est plutôt 60 €. »

6.000 personnes chaque année

Alec Mash profite-t-il de la précarité actuelle pour sous-payer ses employés ? « En principe, répond-il, s’ils ont le bon rythme pour distribuer leurs annuaires, ils atteignent le Smic horaire. » Le gérant fait aussi remarquer que les réclamations ne sont pas si nombreuses : « Nous faisons travailler environ 6.000 personnes par an. Et en moyenne, nous n’avons qu’une ou deux réclamations. J’en déduis que ça convient à pas mal de monde. Et les frais de déplacement boostent un peu le salaire. »

http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Communautes-NR/n/Contenus/Articles/2013/09/30/Distributeur-d-annuaires-un-job-sous-paye-1631389#

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